Le silence est l’ultime guérison puisqu’il guérit de l’idée d’être une personne.

SourceAyoun Jean-LucFacebook

 TRANQUILLE

«Le silence est l’ultime guérison puisqu’il guérit de l’idée d’être une personne.»

« JE SUIS vivante comme jamais et je suis morte, en même temps.
C’est une absence étonnamment présente.

A tout vivre dans la paix, je suis tombée dans un étonnement profond et je me suis laissée faire, de plus en plus, de plus en plus profondément.

Ce silence t’empêche de te recréer à chaque instant, d’interférer, de penser, de projeter, de sécréter ce filtre du mental. Tu sens plus que tu ne penses.
L’agitation reste à l’extérieur.
A l’intérieur, tout demeure tranquille.

Aucune déperdition d’ énergie. Le fait de percevoir les choses depuis un autre point de vue, non pas depuis moi mais depuis le silence, engendre une grande tranquillité, une grande présence que rien ne peut troubler. Donc une grande efficacité. Le vieux réflexe de s’identifier à ses pensées est aussitôt balayé.

Cette déperdition d’énergie qu’il y avait avant vient de ce qu’on s’identifie à cette agitation. On croit à ses pensées. On est partie prenante, d’accord, pas d’accord, anxieux, réactif. On veut, on veut pas, on prévoit, on suppute.

On est acteur du film.
Là, on est spectateur. On voit le déroulement : celui du dehors : les gens, les événements qui passent et celui du dedans : les pensées, les émotions qui passent aussi, de la même façon.

Il n’y a pas un « je » pour dire je suis cette pensée, je suis cette émotion. Il n’y a pas d’enjeu.
Et puis, il y a cette saveur du silence… Une douceur qui est là, en continu.

Il n’y a plus cette voix qui te juge, te condamne, te soumet, te fatigue.
Il n’y a plus cette souffrance, ces pensées qui te somment d’exister.
Et même si, de temps à autre, une pensée apparaît, elle est si douce… elle te rend légère.

Il n’y a pas de séparation.
Tout est en fusion avec tout le reste. Mon corps, mon senti, est ce qu’il y a de plus proche, mais c’est fusionné avec tout le reste. C’est au second plan.

Cette présence constante t’empêche de tomber dans le piège de la complicité avec tes propres pensées… alors encore moins avec celles des autres. Ce qui va se faire, se dire dans l’instant, se fera, se dira, mais ce ne sera pas le résultat d’un savoir, d’une compréhension.

C’est ce silence qui sait.
C’est lui qui fait.
Tu laisses cette fluidité agir.
Il a toujours été là, même quand tu ne le percevais pas.
Il est là avant tout ce qui peut apparaître à chaque instant.
C’est lui qui permet de vivre ce qui est.

Pas besoin de penser ta vie.
C’est cette présence qui permet qu’apparaisse le monde.
Tout ce qui apparaît, tout ce qui existe n’est là que parce que ce silence est là. »

Yolande DURAN