Entretiens d’Octobre 2017 / B I D I – Partie 4 – Q./R.

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ENTRETIENS D’OCTOBRE 2017

B I D I

PARTIE 4 – Q./R.

Eh bien Bidi est avec vous, il vous salue. Installons, si vous le voulez bien, quelques moments de silence, de recueillement et d’Accueil.

 Silence…

Pour la session de ce jour, nous allons reproduire l’atmosphère dans laquelle je réalisais mes propres rencontres quand j’étais dans mon sac de viande. Il s’agit donc d’un échange, où les mots sont certes importants parce qu’ils ne seront pas issus d’un quelconque concept mais bien du cœur. Au-delà de tout mental et au-delà des mots, bien sûr, il y a et il y aura une atmosphère particulière. Cela se produisait à chaque rencontre qui se réalisait chez moi.

Ainsi, pour cette forme d’échange, il est indispensable que la grande majorité d’entre vous parle, mais toutefois il ne s’agit pas de parler de n’importe quoi, ni n’importe comment. Le but de nos échanges, ce jour, est de toucher le saint des saints par l’atmosphère et le Verbe, afin qu’à l’intérieur de vous, comme pour chacun de vous qui pourra écouter, entendre ou lire, la même alchimie se déroule. Retenez simplement que lors de ces échanges, nous n’évoquerons que ce qui est permanent, au travers de vos questions ou de vos silences. Tout ce qui nous entraînera en dehors de ce saint des saints, c’est-à-dire les concepts, les idées, ne nous seront d’aucune utilité. Que cela soit à travers vos silences, vos interrogations, elles doivent concerner exclusivement ce que vit votre conscience et non pas une quelconque projection de votre mental pour un temps futur ou sur un temps passé. Je recentrerai systématiquement nos échanges en ce saint des saints.

Nombre d’entre vous, d’ailleurs, pourront, à travers la question ou l’interrogation d’un autre frère ou d’une autre sœur, retrouver aussi une résonance qui lui est propre. Les mots de ce jour, les vôtres comme les miens, vont nous amener à installer l’Évidence, la futilité des pensées, des histoires, de tout ce qui ne fait que passer. Je m’adresse donc de manière aujourd’hui beaucoup plus spécifique, au-delà de vos personnes, à ce qui ne passera jamais. Retenez bien qu’au-delà des mots, ce qu’il y a entre les mots est primordial. Nous n’allons pas raconter d’histoires, nous n’allons pas parler de passé, ni d’avenir, ni de traditions, tout sera recentré dans la conscience, au-delà du personnage, au-delà de toute histoire. Je pourrai être amené aussi en certains cas, à venir vous débusquer, à venir éclairer ce qui doit l’être. 

Ces principes étant posés, nous allons démarrer nos échanges au cœur de la Vérité, ce cœur de la Vérité qui n’a que faire de votre personne ou de tout narratif de votre vie en ce monde. Retenez aussi que même si vous ne prenez pas la parole et restez dans le silence, vous êtes concernés tout autant par ce qui va s’échanger et se dire. Ceci étant dit, nous pouvons commencer.

Puis-je vous soumettre d’abord trois questions de frères et sœurs qui n’ont pu être présents ?

Oui. J’espère qu’ils ne sont pas au volant, ou occupés à autre chose, mais allons-y.

Question : bonjour Bidi, je n’ai pas de question particulière mais avez-vous quelque chose à me dire ? 

Ce que tu dois entendre tient en une phrase que je vais développer. C’est : « Aime-toi toi-même. » Même en ce plan de manifestation où tu es, quel que soit l’amour manifesté, il convient avant tout que cet amour soit identique et tourné vers toi-même. Dès l’instant où tu t’aimeras à la juste mesure, au-delà de l’histoire et de la personne, tu constateras avec aisance que les circonstances actuelles de ton éphémère seront transcendées et magnifiées par un souffle nouveau qui n’est rien d’autre que l’amour que tu te portes à toi-même, je te le répète, au-delà de toute histoire.

Tout amour projeté est vécu dans quelque relation que ce soit. S’il n’y a pas le préalable de l’amour de soi, au-delà du sac de viande et de l’âme, l’amour de la Vérité qui se passe de forme, l’amour manifesté et projeté en ce monde sera toujours et systématiquement amputé parce qu’il sera conditionné, et le plus grand des conditionnements est la distance que vous mettez entre ce que vous projetez, que cela soit même dans un amour filial, et l’amour envers votre éternité.

S’aimer soi-même n’est pas du narcissisme ni de l’égotisme, c’est simplement accepter ce que vous êtes, même et surtout si vous ne le connaissez pas. Charité bien ordonnée commence par soi-même. Il ne sert à rien de vouloir servir, de vouloir aider, de vouloir aimer, sans connaître le fondement essentiel de l’Amour inconditionné, même s’il n’est pas vécu encore. L’admettre comme un postulat, a priori, qui sera vérifié bien sûr par le jeu de la conscience, même au sein de ta vie ordinaire. Tu ne peux réparer ce qui te semble incomplet ou distordu tant que l’amour de toi-même n’est pas complet et correct. Dès l’instant où ce retournement vers toi-même sera intégralement réalisé, et tu n’as pas besoin de temps pour cela, alors tout ce qui apparaîtra sur l’écran de la conscience ordinaire sera vécu de manière fort différente, car rappelle-toi que l’Intelligence de la Lumière, même si tu ne t’es pas reconnue en vérité pour l’instant, œuvre et agit.

Le problème est que si l’amour exprimé et manifesté est incomplet, il ne peut que produire un amour incomplet à l’extérieur, et ce dans quelque relation que ce soit, et surtout dans les relations les plus intimes, les plus proches. La meilleure façon de procéder, c’est d’accepter le postulat que tu es amour, malgré et au travers du personnage, quoi qu’il vive, et à ce moment-là la communion, la relation, basées sur l’amour, t’apparaîtra alors dans sa vérité nue. Tu n’as pas besoin de concepts, tu n’as pas besoin de te justifier, mais tu as besoin d’accepter tout ce que la vie te propose, sans aucune condition, et rappelle-toi que quelle que soit la dureté apparente d’un événement ou une circonstance, vécus au sein de l’éphémère, aujourd’hui tout concourt à la même chose, c’est-à-dire te retrouver. Il ne sert à rien de gesticuler, il ne sert à rien de raisonner, il ne sert à rien de vouloir résoudre une situation donnée, puisque la situation donnée n’est que le résultat d’une certaine forme d’incomplétude intérieure.

Oublie-toi et retrouve-toi. Tu n’as besoin de personne, tu n’as besoin d’aucun maître, d’aucune circonstance, car les circonstances que tu vis sont très exactement celles qui te sont nécessaires pour être vraie, ce qui ne veut pas dire que ton personnage se comporte de façon fausse mais que tu ne t’es pas suffisamment reconnue au-delà de toute histoire que tu mènes. Retrouve-toi, et se retrouver n’a pas besoin de circonstances, n’a pas besoin d’être à l’aise dans l’affectif, dans le mental, dans la vie, tu as simplement besoin de te retrouver en te retournant vers toi, sans projections, sans idéal, sans but. Qui es-tu, avant de vouloir savoir quoi vivre et quoi décider.

Le temps n’est plus à la linéarité, à la réflexion, à la compréhension, il est au vécu direct, non pas de l’histoire qui se déroule, elle est inéluctable, mais bien plutôt à l’intérieur de toi. Traverse les émotions, les peurs, tu n’es pas cela. Contente-toi d’être dans cet accueil inconditionnel de la Vérité ultime que tu ne perçois pas pour l’instant. Cela suffira à entraîner la perception consciente, au sein même du personnage, de ce que tu es. Alors l’écran de ce qui est à vivre, ta scène de théâtre, sera éclairé d’une autre manière qui changera le tout, parce que ton point de vue ne sera plus celui d’une personne avec ses blessures, ses affects, mais le point de vue de ton éternité. Tu relativiseras alors tout ce qui peut te heurter et tu en souriras. Tout drame n’est que l’antichambre de la Joie.

Nombre d’entre vous le vivez ou le vivrez, c’est un choc résolutoire, essentiel, afin de vous mettre dans la meilleure posture de conscience, pour vous mettre en adéquation dans ce face-à-face ultime de votre ordinaire et votre éternité, vous amenant, les uns et les autres, à acquiescer à votre sacrifice de l’histoire du sac de viande, des relations. C’est la seule façon, pour nombre d’entre vous, de mettre fin aux jeux stériles qui ne font qu’éloigner de la Vérité, sous prétexte de sécurité, sous prétexte d’affects.

En résumé, la Lumière te dit et te montre : qu’est-ce qui est le plus important ? Qu’est-ce qui est essentiel ? C’est ainsi que se réalise l’éclairage de la Vérité et son vécu, qui n’en a rien à faire des circonstances de ce monde, des circonstances de ta personne.

Vous le savez tous, la seule Joie ne peut venir d’un contentement quelconque, financier, amoureux, filial. Tant que vous croyez cela, vous ne pouvez être libres pour l’instant, vous ne faites que renforcer les schémas archaïques consensuels de ce monde qui font tout, dans les relations même, pour vous éloigner de la Vérité. Pour nombre d’entre vous, quel que soit votre emplacement aujourd’hui, la Vie va vous appeler à repositionner votre conscience et vos priorités. Il ne peut pas y en avoir deux, il faut choisir, et vous n’avez pas le choix, vous ne pouvez que choisir ce qui est vrai. La Lumière agit en ce sens. Rappelez-vous, et rappelle-toi, quand tu dors d’un sommeil paisible, est-ce que les problèmes sont présents ? Est-ce que tu sais ce que tu es ? Tu as simplement disparu.

Aujourd’hui, l’Intelligence de la Lumière t’invite à disparaître de toute histoire. Quel que soit le déchirement, quelles que soient les résistances, suis les lignes de fluidité, là où tout est évident, parce que la Lumière est Évidence. Même ce qui semblait acquis au sein du personnage et de l’histoire personnelle, pour toi comme pour de nombreux frères et sœurs, vous est ôté, quelle que soit la peur, quelles que soient les cogitations. Cela résulte directement du face-à-face collectif et individuel. Tout ce que vous observez à la surface de ce monde n’est que la résultante de ce qui n’a pas été lâché, tout ce qui concerne l’histoire de votre vie, de votre pays, de votre région, de vos enfants, de vos parents.

En résumé, la Lumière te dit : « Veux-tu simplement appliquer la Lumière dans ta vie et améliorer la personne, ou laisses-tu la Lumière te montrer qui tu es, au-delà de toute personne ? Il n’y a pas d’autre alternative, et quand je dis que tu as le choix, c’est ce que croit la personne, mais il n’y a aucun choix, c’est inéluctable. Retrouve-toi et tout changera, sans aucune exception, mais ne te sers pas de la Lumière comme alibi ou pour changer les choses que tu voudrais voir changer, parce que là, je te dirais : « femme de peu de foi ». Mais tu n’es pas là pour répondre.  

Voilà ce que j’avais à te dire.

… Silence…

Tu peux poursuivre.

Question : suite à une expérience vécue lors d’un protocole, où je me retrouvais, en paix, au cœur d’une tornade, il y a eu un avant et un après. La paix demeure, même lors d’événements pouvant paraître difficiles pour la personne, avec résurgence d’émotions. Cette sérénité reste imperturbable. N’ayant pas de question qui me vienne, auriez-vous tout de même quelque chose à me dire ? 

L’exemple que tu as vécu, de la tornade et toi immobile, est exactement la même chose que ce que j’ai évoqué quand je parlais, lors de la session précédente, du moyeu de la roue et de la roue. Vous n’êtes rien de ce qui se passe, il faut cesser ce jeu d’identification. Tu l’as cessé, et comme tu le constates, et en cela ton vécu est important, quoi qu’il passe tu demeures, tu n’as rien de plus à faire. Contente-toi de vivre ; quoi que la Vie t’apporte, laisse-toi vivre et tout s’agencera, même au sein de la personne, de façon harmonieuse. Aucune dysharmonie au sein de la personne, comme tu le dis, ne peut plus perturber ce qui a été vécu à un moment donné, parce que cela est toujours là. Ne bouge pas, reste tranquille, laisse se dérouler le film de ta vie en tant que spectateur. N’interfère plus, reste figée en l’Éternité et tous les mouvements deviendront harmonieux, mais ils ne dépendront jamais de ton histoire ou de ta personne, comme c’est le cas actuellement.

Le Cœur du Cœur, le saint des saints se dévoile. Assister paisiblement au déroulement de tout ce qu’il se passe sur l’écran de la scène ordinaire de vie est la résultante directe, incontournable, de la Paix éternelle, de votre Infinie Présence, de ce que vous êtes en vérité. C’est ainsi que le Libéré vivant demeure, sans effort, quelles que soient, comme tu le dis, les émotions qui ne font que passer, quels que soient les attachements, ou les habitudes qui peuvent encore être présentes. Ils ne déstabilisent plus ce que tu es, cela te permet de prendre conscience que tu n’es rien de ce qui se produit au sein de l’éphémère, même si cela doit être vécu. Le point de vue ici, dans ton cas, est translaté de manière définitive, permanente et immuable. Tu es chez toi.

Laisse la vie se dérouler, implique-toi en ta Présence, en ta joie, et laisse le reste se dérouler de lui-même. L’harmonie de la Lumière ne pourra jamais être égalée par l’harmonie de la personne, quelle que soit la vie, quels que soient les plaisirs, quels que soient les rituels, les religions. C’est la seule vérité, tu peux oublier tout le reste vécu avant, ne garde que cela, c’est le tout. Voilà ce que je peux te dire.

Si tu maintiens fermement la conscience, l’attention, sur ce qui est au-delà de tout état, qui est immuable, tu auras le plaisir de constater, au sein même de la personne, que ce qui pouvait rester encore, avant cet épisode, d’habitudes, de résistances, de peurs, de conflits intérieurs ou extérieurs, ne peut plus se manifester, ne peut plus effectivement, comme tu le vis déjà, altérer quoi que ce soit.

… Silence…

Continue.

Question : durant la semaine du solstice, j’ai vécu, par Marie, un bain vibrant qui a animé toutes les cellules de ce corps. Depuis, Paix et Joie sont présentes, ainsi que l’évidence de ce qui se produit. Pour autant, le personnage et quelques habitudes ou travers restent présents, parfois le mental aussi. Auriez-vous un éclairage ? 

L’état qui a été vécu éclaire spontanément, comme tu le dis, les habitudes, la reprise du mental, mais tu ne peux plus être dupe, et donc, dans ce moment-là, dans l’ordinaire de tous tes faits et gestes, tu ne peux plus, même si tu le voulais, revenir en arrière. Alors laisse cela passer tranquillement, ne porte même plus ton attention sur les désagréments de la personne. Tu les as vus, détourne-t’en, reste immobile et laisse tout ça passer, et tu constateras alors que la Paix grandira chaque jour, chaque minute un peu plus, quoi qu’il arrive, quoi qu’il se manifeste au niveau du personnage qui, par moments, peut encore regimber, se manifester. Tu en souriras très vite.

Ne te casse plus la tête, sois vrai et spontané, tu n’as plus besoin de te réfugier en toi puisque ce « en toi » est sur le devant de la scène, il est de partout. Laisse exhaler le parfum de la rose, ne t’occupe et ne te préoccupe de rien, fais ce qu’il te plaît et laisse le personnage mourir de lui-même. Ne le nourris plus, ne le regarde plus, regarde ce que tu es, qui ne dépend d’aucune histoire ni d’aucun passé. Tu en constateras très vite les effets, aussi bien au niveau du personnage que de ton sac de viande.

Je précise que les deux témoignages de vécu que nous avons eus, comme vous le voyez, sont centrés dans l’instant présent. C’est cet instant présent qui vous donne à voir le mouvement, la tornade, le personnage, ses travers, mais vous savez, et tel que c’est décrit par ce frère et cette sœur, que vous n’êtes pas cela, réellement et concrètement maintenant. Alors laissez s’éteindre ce qui meurt tout seul, ne t’y attache pas. De la même façon, débarrasse-toi des protocoles, débarrasse-toi des moments d’alignement, débarrasse-toi de tout ce qui pouvait être considéré encore comme une forme de recherche. Tu t’es retrouvé, quelle que soit encore l’existence du personnage. Il va s’épuiser tout seul, mais demeure en cela, ce que tu es. Quoi que regimbe et dise le personnage, ne l’écoute pas, ne l’observe même plus maintenant, l’observateur est permanent et l’observateur de l’éphémère, l’ayant vu et débusqué, te donne à observer et à vivre, réellement, l’Éternité.

Rappelle-toi que la résolution du face-à-face ultime est de toute manière et dans tous les cas de figure la disparition totale et définitive de toute histoire au sein de ce monde. Laisse mourir ce qui s’éloigne, ne travaille pas là-dessus, de même que tu n’as plus à travailler sur une quelconque intériorité puisque celle-ci prend le pas sur le personnage, sur ce qui est vu. Demeure tranquille, laisse-toi vivre là aussi, tu n’as rien à décider depuis le point de vue de la personne car tout est décidé par la Lumière. Pose une intention et vois si elle se réalise, tu n’as pas à lutter, à convaincre, à te saisir de quoi que ce soit. Reste dans cette impeccabilité de ton immuabilité. Tous les travers passés ou encore présents vont fuir d’eux-mêmes dès l’instant où tu ne les nourris plus. Ne cherche plus à les comprendre ni même à les observer dorénavant, tourne ton regard sur ce qui est vrai. Tu le sais, rien de ce qui passe ne peut être vrai, même si cela heurte.

Ainsi se réalise, indépendamment de toute intention ou volonté, ce qui a été nommé la Théophanie perpétuelle. Les reliquats de la personne seront dissous, non pas par une quelconque action depuis où tu es mais réellement par l’Intelligence de ta propre éternité et de la Lumière, qui est Amour. Ne cherche pas à t’améliorer, ne cherche pas à te changer, c’est la Vie qui te change. Saisis bien que tu n’as rien à saisir, rien à retenir, laisse passer ce qui passe et demeure dans ce qui est stable. Dorénavant, cela est beaucoup plus facile.

Nous continuons.

Il n’y a plus de questions écrites. On passe aux questions orales ?

Tout à fait.

Question : être ici et maintenant et dans l’accueil le plus large possible tel que vous nous l’avez expliqué, est-ce une voie royale ou la voie royale pour retourner à la maison ? 

Non seulement c’est la voie royale, mais il n’y en a pas d’autre. Tous les systèmes de connaissance, tous les systèmes de vibrations, d’énergie, de cultures, de religions, de pensées, d’émotions, de vécus, ne servent plus à rien. La pression, l’Intelligence, la puissance de la Lumière, est telle qu’elle vous enjoint de demeurer tranquilles, de vous placer, si je peux l’exprimer ainsi, au Cœur du Cœur, tout le reste n’est pas de ton fait. Là aussi, c’est La Lumière, la Grâce, l’Intelligence, le souffle de l’Éternité, qui te permet de retourner à la maison. Aucun élément au sein de ta personne ne peut l’envisager. C’est cela effectivement, accueillir, rester tranquille, être fainéant. Ainsi s’efface, sans aucune volonté, sans aucune intention, tout ce qu’il peut rester de heurtant au sein de la personne.

Tu peux continuer, dans ton cas, à voir les comportements du personnage, non pas pour les chasser mais réellement pour en rire. Le jour où tu riras de toi-même en chaque circonstance, le personnage sera loin de toi. Il ne peut y avoir de Joie sans rire, rire de soi-même, rire à la Vie. Là est la spontanéité, mais c’est surtout pas d’ordonner, de rigidifier, de classer, et donc de cloisonner. Là aussi, sois vrai, ne réfléchis plus, laisse la spontanéité s’exprimer et non pas la personne, non pas ce qui se rabougrit et disparaît. Il n’y a plus besoin de représentation, il n’y a plus besoin d’acteurs. Ce n’est pas non plus l’observateur ou le spectateur qui agit, tout se fait naturellement. Vois cela, et tout ce qui peut gêner, perturber, dans le déroulement ordinaire, ne pourra même plus être évoqué ni même se manifester en aucune manière. Relâche aussi, donc, la pression de la tension liée au fait d’avoir à tenir, organiser et gérer ta vie.

Ce que je veux dire par là, c’est que cet accueil te fera perdre tout sérieux. N’oublie pas que nous sommes dans la Vérité et non pas dans la spiritualité. La spiritualité, c’est sérieux, c’est pour ceux qui n’ont rien compris, qui ont peur. Le Vrai, la Vérité, est un rire ‒ permanent ‒, quoi qu’il arrive. Ne crispe rien, ne retiens rien et laisse la spontanéité s’exprimer, et tu constateras que cette spontanéité pour toi concerne uniquement le rire, l’éclat de rire, le sourire.

En résumé, je dirais que pour parfaire les choses, sois un peu moins sérieux. Il n’y a rien de sérieux, c’est la personne qui croit cela. Là est la parabole du Christ qui disait, je crois : « Si on te gifle, tends l’autre joue. » C’est certainement l’une de ses paroles les plus importantes et les plus mystiques. Ah bien sûr, l’ego ne veut jamais tendre l’autre joue, il ne le peut pas, mais le rire, oui, ce qui est vrai, oui. Le rire ici, est le rire de la Joie, ce n’est pas le rire de la moquerie ou le sourire narquois, c’est la vraie spontanéité de la Joie qui fleurit sur ton visage, dans l’ensemble du corps, et le rire te prouve à toi-même que tu as réellement vécu que tout ça n’est qu’un jeu. Garde le sérieux pour la mécanique, pour les obligations de ce monde, mais rien de tout cela n’est vrai ni même sérieux. Joue le jeu mais n’oublie pas de sourire et de rire. Le rire, comme tu le sais, dilate, expand, libère, chose que ne pourra jamais faire ton mental, ni même les expériences passées.

Donc oui, c’est l’unique voie, celle de la légèreté, du rire, qui n’est que la traduction de l’Amour et de la Lumière vraie, vécue, installée, permanente.

… Silence…

Je terminerai ma réponse par cette phrase : c’est toujours le personnage qui rigidifie, qui freine, qui s’accapare. Ce mouvement est exactement à l’inverse de la Vérité. Tout le jeu en ce monde, faussé, essaie de vous maintenir dans le sérieux, dans la gravité, dans la densité, dans les concepts spirituels. Cela ne permettra jamais de vivre la Vérité. La Vérité n’est que légèreté, immuabilité, satisfaction perpétuelle, et surtout quelque chose qui est reconnu, retrouvé comme je disais. Dorénavant, le sérieux ne peut rien t’apporter, la rigueur non plus. Le confort de la Vérité vient magnifier l’inconfort de la personne, en quelque secteur que ce soit.

Continuons.

Question : Maître Philippe de Lyon m’a dit que le flux vibral qu’il m’envoyait visait à équilibrer le passage de la conscience du cœur humain au cœur d’Éternité, limitant la prédominance du cœur humain sur le cœur éternel. Pourriez-vous m’éclairer ?

Parce que tu ne trouves pas ça déjà suffisamment éclairant ? Qui s’est emparé des phrases de Maître Philippe ? Pourquoi veux-tu comprendre ? Il n’y a rien à comprendre, tout au plus peux-tu t’aider d’une image. Il y a quelque chose qui est là, quelque chose qui est là-bas et il a proposé de favoriser l’échange, l’accès d’un point à un autre. Qu’est-ce qu’il te faut comme éclairage de plus ? J’attire ton attention sur : la personne que tu es, dit qu’elle ne comprend pas. Je ne vois pas ce que tu ne comprends pas, même en tant que personne. De quoi veux-tu te saisir ? Passer de l’éphémère à l’Éternel, tu ne comprends pas ?

Question : merci, vous m’avez éclairée.

Tu étais déjà éclairée.

… Silence…

De manière générale, où que vous soyez, dans quelque rôle, quelque fonction, quelque métier, quelque âge que ce soit, c’est en définitive toujours la même histoire, l’un ou l’autre, l’un et l’autre.  Qui prend la direction ? Qui dirige ? L’évidence de la Lumière ou le personnage, celui qui cherche des histoires en permanence ? L’influx de l’Éternité qui est vécu, c’est le plus important ; vous l’avez vu, tout ce qui concerne la mémoire s’efface. Ce que nous nommons le cerveau fonctionne déjà différemment, vous le voyez à travers la folie, vous le voyez dans ce que vous vivez, les uns et les autres. Ne vous saisissez de rien.

Quand je dis, et pour toi aussi, de laisser vivre la Vie plutôt que de vivre sa vie, je vous donne là une clé fondamentale. Osez faire confiance, à la spontanéité, à la Lumière, même si vous ne la vivez pas, et même si vous en avez des expériences, ne les saisissez pas, ne les ramenez pas dans l’histoire maintenant. Laissez l’Évidence être là, elle n’a pas besoin de vous, de vos expériences passées. Je te rappelle les deux témoignages que nous avons eus au début, quelle que soit la tornade de la personne, place-toi au centre, regarde-là et ris-en.

Quand il a été fait état de l’enfant intérieur ou de la spontanéité ou de la cocréation consciente, c’est la même chose. Laissez se vivre ce qui est vécu indépendamment de votre personne, ne ramenez rien à elle. Accueillez encore et toujours, accueillez la rose comme la gifle de la même façon, vous ne savez pas ce qu’il y a derrière, donc vous projetez ‒ la rose, c’est un cadeau, la gifle, c’est une punition ‒, je vous répondrais que c’est exactement l’inverse dans de nombreux cas, mais vous ne pouvez pas le voir depuis la personne, et en te voyant, il me semble que ton corps, ton sac de viande, a déjà trinqué. Veux-tu qu’il trinque encore ? En as-tu besoin ?

Question : non.

La réponse est évidente. Je te remercie.

Question : merci pour ce que j’ai pu apprendre au travers de votre enseignement. Je n’ai pas de question, mais pouvez-vous me dire quelque chose ?

Pour parfaire ton éternité, si je peux dire, depuis le point de vue de la personne, reste tranquille, ne cherche plus d’histoires, ne te raconte plus d’histoires, ne te fais plus raconter d’histoires, sois disponible uniquement pour la vacuité de l’instant présent. Ne sois plus entraînée par quelque explication, par quelque guérison, par quelque vision, reste dans la nudité de l’instant de plus en plus. « Laisse venir à toi », voilà la phrase qui te correspond. Laisse venir à toi ce qui est, et donc toi aussi, place-toi dans cet Accueil inconditionnel qui n’a besoin ni de justifications, ni de visions, ni d’expériences, ni de quoi que ce soit, et de cette façon, tu constateras que tout se relâche et que la Joie est l’explication. Tout le reste ne sont que des chimères, qui ne font que passer en plus.

Il est temps en quelque sorte, pour toi, de ne plus osciller, de ne plus questionner la personne, le personnage et l’histoire, mais bien de laisser apparaître en totalité le Vrai. Il n’a besoin d’aucune histoire, d’aucune expérience, d’aucune vision, et même si les expériences se poursuivent et s’amplifient, ne t’y attache pas, laisse-les passer, car toute expérience, même la plus magnifique, ne peut pas être tenue. D’ailleurs, la Joie éternelle, le Cœur du Cœur comme vous dites, il est là dès que tout le reste n’est plus là.

Vous en témoignez tous, jusqu’à présent, avec vos mots, mais c’est la même chose. Il n’y a aucune différence, si ce n’est dans le décor et dans les mots, mais la Joie est au-delà des mots, au-delà des expériences, au-delà des états. Tu n’as plus besoin de décors, la Vérité est nue, elle n’a pas besoin d’alibis, ni de décors, ni de mots, ni d’expériences. Elles continueront à se produire naturellement, et dans ce naturel-là, il n’y a pas de place pour l’implication, il n’y a pas de place pour tenir quoi que ce soit ni retenir quoi que ce soit. Accepte le mouvement, quel qu’il soit, et demeure ce que tu es. Et le Feu alors, de la Grâce, que vous nommez Feu Igné, viendra consumer les dernières scories, les derniers barreaux, les dernières occultations. Tout se résume, jusqu’à présent, quelles que soient vos questions, à bien voir la différence entre ce qui est projeté et ce qui est accueilli sans aucune projection.

Question : depuis des années, je ne peux écouter ce que vous dites car je m’endors…

C’est la meilleure façon de m’écouter.

Question : …cependant hier j’étais parfaitement réveillée, et votre Présence et votre Amour m’ont remplie de joie, avec un sourire irrépressible. Je n’ai pas de question particulière, avez-vous quelque chose à me dire ? 

Rendors-toi, c’est très bien. Ce qui a été touché en toi par le sommeil apparaît enfin au sein de la personne, l’Éternité se révèle, donc rendors-toi.

Merci.

Bonne nuit.

Question : je n’ai pas de question mais j’accueille avec le cœur ce que vous avez à me dire. 

Alors, je te le dis maintenant :

… Silence…

As-tu entendu ?

Je ne t’ai pas demandé de dormir, hein.

Question : je ne dors pas, je suis en train de fondre.

Donc tu as entendu ce que j’avais à te dire, mais pour toi, je n’ai pas besoin de mots. Bonne fonte.

… Silence…

Veux-tu dire quelque chose ?

Question : souvent je suis dans le moment présent, ou dans la paix et la tranquillité. Grâce à votre intervention, hier j’ai vécu le Cœur du Cœur et la Joie. Qu’en est-il de l’établissement de l’Absolu ? 

Mais ne te préoccupe pas de l’Absolu, vous faites tous une fixette sur ce mot. Si tu es dans l’instant présent, s’il y a la Joie, s’il y a l’immobilité, s’il y a tout ce que vous décrivez, mais vous y êtes. Qu’est-ce que vous attendez ? De chevaucher une licorne ? De devenir un soleil ? Mais ça, c’est des histoires. Y a rien d’autre que cela. Alors, sois bienheureuse.

Question : je n’ai rien à demander mais je suis prêt à accueillir votre Verbe.

Voyons ça.

… Silence…

La Paix que tu vis dorénavant, qui a pu même te perturber, là où il n’y a plus de pensées où se raccrocher, est l’unique Vérité. D’expérience en expérience de ces tout derniers temps, dans le silence de ton cœur, tu sais que cela est vrai. Alors il te faut faire le deuil de tout le reste, de tout ce que tu as patiemment bâti, échafaudé dans les chimères de la manifestation. Tiens bon, ne tiens rien surtout. Laisse s’écouler ce qui s’écoule et constate cette légèreté nouvelle où il n’y a plus besoin de t’interroger, de soupeser le pour ou le contre, car le pour et le contre appartiennent à la même mascarade. Maintenant tu le vis. Alors je ne vais pas rajouter d’autres mots ni de Verbe, je ne peux que, quelque part, t’encourager à disparaître comme tu le fais.

Cette légèreté nouvelle n’est pas un vain mot, elle va s’installer, durablement, éternellement. Ne retiens rien. Garde tes réflexions, tes cogitations, pour ce qui est à régler au sein de la personne, mais pour ce que tu es, il n’y a aucune utilité. Dit autrement, tu n’as plus besoin de te raconter des histoires, tu n’as plus besoin de croire, tu n’as plus besoin de mesurer, tu n’as plus besoin de discriminer. Il n’y a nul besoin de s’opposer ou de se confronter, et regarde comme cela te rend léger. Tu le vois, tu le vis ? Je ne t’ai pas demandé de dormir, j’attends ta réponse.

Question : je suis d’accord.

Tu ne peux pas dire « oui » tout simplement ?

Question : oui.

Merci.

Parce que quand tu me dis « je suis d’accord », c’est la personne, quand tu me dis « oui », c’est toi.

Question : oui.

J’avais entendu, hein.

Question : depuis quelques mois je suis plutôt tranquille, mais je remarque que la Joie n’est pas toujours là et depuis que je vous écoute, je sens quelque chose percuter mon cœur et comme une immense tristesse et des larmes qui sont là, et la Joie derrière mais pas encore tout à fait là.

Ne retiens rien. Je vais t’accompagner d’ailleurs, tu vas voir.

Tu y es, laisse la Joie mettre dehors la tristesse. La tristesse appartient à la personne, à l’histoire. Et quand je dis que je vais t’accompagner, on en reparlera ensemble la nuit, pas dans ton lit hein, mais je serai au pied. Laisse sortir, ne retiens rien, n’interprète pas. Allez, dors toi aussi, disparais, et quand tu auras disparu, je t’apparaîtrai, et tu constateras aussi, ce qui explique ce que tu vis maintenant, que tu m’as accueilli.

… Silence…

Qui veut passer par le fil de l’épée de la Vérité ?

Question : je voudrais dire « oui » à ce que vous avez à me dire.

Auparavant as-tu dit « oui » à l’Éternité ou hésites-tu encore ? Alors ?

Question : je dis « oui » à l’Éternité.

Alors je dis « oui » à ta demande.

… Silence…

Permets-moi d’ajouter quelques mots. Là où se déroule ta vie est très exactement ce qui t’a permis de dire « oui » à l’Éternité, au-delà de toute apparence, de tout conflit apparent. Alors souris aussi à ceux qui ne veulent pas te sourire et pardonne-leur, ils ne savent pas qui ils sont. La Vérité est une force bien plus grande que toutes les forces possibles sur cette terre, comme l’Amour et la Lumière. Rien ne peut l’imiter, rien ne peut l’égaler, elle est le support de la Vie, et au-delà des tremblements extérieurs de la personne, il y a ce roc qui, lui, n’a jamais dévié d’un iota, quelles que soient les interrogations de la personne. Alors je ne peux que te dire : « Bienvenue dans la perpétuité de la Joie », et n’oublie pas de rire de toi-même, car le rire envers toi-même est le pardon de la Grâce accordée à l’histoire et renforce ton assise éternelle, la joie de ta Présence.

Question : je n’ai pas de question mais j’éprouve toujours beaucoup de joie à vous entendre et je vous remercie de ce que vous allez me dire.

… Silence…

Cela tient en ces mots que tu pourras te répéter. Ce n’est pas une prière ni une litanie, va au-delà des mots, même, même s’ils sont signifiants. Écoute : « Tu es la voie de la Vérité, la vérité de la Vie, et la vie de la Voie. »

… Silence…

As-tu reçu ?

Question : je rends grâce pour tout cet Amour que je reçois.

Dès l’instant où tu t’accueilles toi-même, il ne peut en être autrement. La Voie est ouverte, la Vie est là, la Vérité est manifestée.

… Silence…

As-tu autre chose à me dire ?

Question : merci.

Question : je vous remercie pour ce que vous nous apportez et pour m’avoir bien secouée il y a 5 ans. En l’éternel présent je n’ai pas de question mais j’accueille avec gratitude ce que vous avez à me dire.

Eh bien on va inverser, c’est moi qui vais t’accueillir. Je n’ai pas besoin de tes mots, je te remercie pour ce que tu as dit et je t’accueille, en silence.

… Silence…

Et je terminerai quand même par cette phrase : la Vérité n’a pas besoin de mots, l’antichambre de la Vérité est remplie de mots. Tu l’as traversée, alors toi et moi nous nous accueillons dans le silence.

… Silence…

Et puisqu’il y a de la place, tu accueilles tous les autres, et moi aussi.

Question : oui.

Pas trop, il faut qu’il y en ait qui restent éveillés encore. C’est jamais trop.

… Silence…

Alors je te dis, bienvenue dans la perpétuité de l’Amour. 

Question : gratitude. Je nous aime.

… Silence…

Question : de là où vous êtes, que me conseilleriez-vous pour que je puisse vous rejoindre ?

Ne bouge plus, rejoins-toi toi-même d’abord. Tout le reste en découlera, ne bouge pas et regarde. De là où tu es, je suis, là où tu es en vérité. Je suis déjà en toi, abolis cette impression de distance, abolis cette impression que nous sommes distincts, que je suis là et que tu es là-bas, ça c’est une illusion. Accepte, et donc accueille. Si tu accueilles, il n’y aura ni latence ni distance entre ton souhait et la Vérité, ils sont concomitants. Vois bien que c’est ton histoire, ton personnage, qui croit à la distance, que toi tu es là-bas et moi je suis là. En l’apparence cela est vrai, en la Vérité cela est faux. Il n’y a pas à se déplacer, bien au contraire, laisser le mouvement s’arrêter, le mouvement lié à la distance apparente, au filtre mental, au filtre de la personne, et constate.

… Silence…

Tu peux dire la phrase suivante.

Question : sous quelle forme se manifeste mon ego spirituel et en quoi je m’identifie à ce corps ?

L’ego spirituel ? Mais il est aux abonnés absents. Pourquoi te mets-tu des poids qui n’existent pas, d’où vient cette culpabilité, doublée d’une peur ? La peur et la culpabilité sont dans la personne, il n’est pas question ici d’ego ou d’orgueil spirituel, ni même d’une identification au corps. Ton corps pose certains problèmes, ils ne sont pas graves mais ils sont récurrents, et tu le vis. Et d’ailleurs je vois en toi beaucoup d’interventions qui ont été réalisées par la Lumière, par les Anciens surtout. Écoute bien ce que je te dis maintenant. Ton corps, qui n’est pas toi, se manifeste simplement au-delà de tout karma, de tout bazar, de tout passé.  Ton corps te dit quelque chose, il le dit et il le crie de partout, ce n’est pas un problème d’identification.

Cette apparence de peur ou de culpabilité qu’exprime ton corps est une forme de technique trouvée de façon fortuite dans le déroulement de ta vie, afin que tu te sentes vivante ici. Ces crispations vécues, certes par intermittence dorénavant, ne sont que des aiguillons qui t’obligent, sans te contraindre, à être dans l’Ici et Maintenant, dans l’instant présent. Il te suffit alors simplement d’évacuer de toi toute notion d’orgueil ou d’ego spirituel. Je n’en vois pas, il n’y en a pas. Il y a juste qu’inconsciemment, mais c’est en train de s’éclairer, que les crispations te ramènent à l’obligation de t’occuper de toi. S’il y avait, non pas orgueil mais je dirais peut-être, dans un sens très dualitaire, péché spirituel, le péché spirituel est lequel ? Déficit d’amour de soi. Aime-toi franchement, aime-toi intégralement, et ôte de ta tête ces chimères d’orgueil spirituel ou d’identification au corps. Sois libre mais pas ailleurs ni demain, là tout de suite, il n’y a rien d’autre à faire. Tout ce qui devait être fait et remis en ordre l’a été.

Il te faut être plus dense, plus lourde dans ta Présence, et même dans ce qui est manifesté sur la scène de théâtre. L’Amour n’a pas à être caché, il n’a pas non plus à s’exercer comme une parade, mais il rayonne tout seul, il irradie. N’aies pas peur de toi, de ce que tu es.

Alors je te le répète, il n’est pas question d’ego spirituel ou d’orgueil, mais bien, vis-à-vis de toi-même, une non-affirmation complète, mais pas par les mots mais par ta Présence, de ton éternité ici même. Retrouve la densité de ta Présence et tu trouveras en même temps la légèreté.

… Silence…

As-tu quelque chose à répondre à cela ou à exprimer ?

Question : à la fin c’est beaucoup plus léger et je vous remercie.

Dans la joie de la Présence, la légèreté et la densité sont présentes dans le même temps. C’est ce que tu vis et c’est ce qui est normal, évident, simple. La densité de qui tu es rend léger la personne et l’histoire. Dans ton cas, tu n’as qu’à le constater, l’éprouver, comme tu le fais maintenant, et le corps n’aura plus besoin de se manifester de quelque manière que ce soit.

De manière plus générale, et pas seulement pour toi, retenez que tout ce qui est habitudes, même pratiques, tout ce qui est répétitif, que nous sommes bien obligés de faire tous les jours quand nous sommes sur terre, nous laver, nous brosser les dents, se lever le matin, tous les matins, le temps que dure le sac de viande, entretient l’Illusion. De manière générale, autant que vous pouvez le faire dans votre vie de tous les jours, rompez les habitudes, car l’Illusion s’appuie sur l’habitude, car l’ego s’appuie sur l’habitude. Il y trouve sécurité et confort, et il vous fait croire que cela est indispensable pour être ce que vous êtes. Il n’y a rien de plus mensonger. Vous avez besoin d’habitudes, de règles, pour la vie sociale mais pas pour votre vie, et vos habitudes, ne serait-ce que de sommeil, d’aliments, votre corps n’a pas à dépendre de cette fameuse horloge biologique qui est liée à la personne.

Ne vous restreignez pas, ne vous limitez pas. Alors bien sûr, je ne dirais pas ça à celui qui est enfermé en totalité dans sa personne et son histoire, mais à vous, je peux le dire. Un exemple : mets un réveil à 4 heures du matin pour manger et tu constateras qu’il n’y a non seulement aucun désagrément, mais qu’en plus tu t’affranchis des rituels. L’habitude, tout ce qui est répétitif, et qui pourtant ne fait que passer, vous enchaîne, enchaîne votre physiologie, enchaîne votre corps, enchaîne votre ego. C’est comme ça d’ailleurs que les egos se retrouvent. Ils se lèvent tous à la même heure pour aller au travail à la même heure, ils s’arrêtent tous au même moment pour manger au même moment. Vous avez vos boîtes à images où vous avez les informations à telle heure. Je pourrais multiplier cela à l’infini.

Dans votre vie personnelle non sociale, vous n’avez pas besoin de tous ces rites, ils vous enchaînent. Vous croyez que l’harmonie découle du rythme harmonieux de vos nuits, de vos repas, mais il n’en est rien, c’est une hérésie. Vous vous êtes programmés comme ça mais ce sac de viande est souple, il n’est pas figé même s’il périt, même s’il ne fait que passer, il est adaptable, à beaucoup de choses. Voyez que les habitudes, si rassurantes, prises au nom d’une orthodoxie qui vient je ne sais d’où… cassez les rythmes, je ne dis pas à chaque fois, ne remplacez pas un rythme par un autre mais stimulez l’imprévu, l’imprévisible, déclenchez-le, même au sein de l’éphémère, et là vous trouverez et vivrez la liberté intérieure.

Je ne vous demande pas d’ascèse, vous n’en êtes plus là. Méfiez-vous, si je peux dire des habitudes, l’ego a toujours besoin d’habitudes, et si vous avez trop d’habitudes, cela ne vient certainement pas de ce que vous êtes, ça vient de vos peurs. Beaucoup croyaient jusqu’à présent que l’habitude était la sécurité, était l’harmonie, mais face à l’Éternité, c’est le désordre, c’est l’absence de Liberté. Autant que vous le pouvez, brisez les habitudes dans tous vos rythmes auxquels vous semblez être soumis. Au sein même de l’éphémère, cela renforcera l’émergence de l’Éternité, de l’imprévisible, de l’Inconnu. Vous ne pouvez pas rester figés dans des habitudes du connu et laisser l’Inconnu apparaître, transparaître, s’installer.

Ne prévoyez rien, soyez disponibles même au sein de l’éphémère, ne tombez pas bien sûr dans l’excès ou les addictions, mais laissez s’exprimer là aussi la Vérité. Oubliez en quelque sorte les conventions intérieures chronologiques que vous vous êtes fixées vous-mêmes sous prétexte que ça allait mieux comme ça. Je parle de toutes les habitudes. Si vous êtes, comme vous dites, réglés comme du papier à musique à aller aux toilettes le matin en vous levant, eh bien refusez. Allez-y le soir ou la nuit. Vous verrez que vous trouverez quoi ? Une liberté, même au sein de ce corps. L’ego, le corps, le sac de viande, il adore les habitudes, et il vous fait croire que vous en dépendez, de manger à telle heure, de dormir à telle heure, d’aller aux toilettes à telle heure. Mais comment voulez-vous être libres à travers ce carcan que vous vous mettez vous-mêmes ?

Dans la Vérité, quel que soit l’âge de votre corps, quel que soit l’âge de votre ego, si vous rompez les habitudes, le corps sera joyeux et la Vérité sera là. C’en est à ce point-là aujourd’hui. Tout ce qui vous rassure ne fait que vous enfermer. Voyez cela, les uns et les autres d’ailleurs. Je parle bien de vous intimement, pas bien sûr de ce qui est social, relationnel, qui nécessite des horaires et peut-être encore des conventions, mais ne vous imposez pas de l’intérieur, concernant votre fonctionnement, des choses comme ça. L’habitude, les rituels quels qu’ils soient, vécus avec le corps ou avec la conscience éphémère, maintiennent les verrous de votre porte de prison, vous obligeant à rejouer inlassablement les mêmes scènes, les mêmes événements, vous les avez créés.

Bien sûr, je ne vous demande pas de ne plus vous occuper de vous, mais de vous en occuper différemment.  Qui décide ? Ce que vous avez fixé dans votre tête, ce que le corps a décidé, ou ce que vous, vous avez décidé ? En résumé, qui est le maître à bord ? La physiologie, les pensées, ou vous ? Alors soyez simplement raisonnables, ne vous mettez plus de carcan, il y en a suffisamment sur la scène de théâtre. La vie sur ce monde, regardez-le objectivement, indépendamment de votre histoire, ce ne sont que des éternelles répétitions durant toute une vie. Si vous êtes adultes et autonomes, qu’est-ce qui vous empêche de ne plus vous appuyer sur cette horloge interne que vous avez créée vous-mêmes ?

Je vous rappelle que l’intelligence de ce sac de viande est parfaite, ce sac de viande est souple, adaptable, quel que soit l’âge, mais si vous-mêmes, par vos actions, vous rigidifiez les choses, vous les ritualisez, vous vous piégez vous-mêmes. Je ne veux pas vous convaincre, vérifiez-le, vivez-le par vous-mêmes.

Cela fait partie de la spontanéité, et donc de la Vérité, être disponible pour l’imprévu, être disponible pour l’Inconnu, et sur tout ce qui est connu et balisé, chronométré, géré, contrôlé, vous avez quelques petits soucis. Quoi que vous ayez constaté auparavant, que par exemple de manger à telle heure permettait d’éviter d’avoir des maux de ventre ou je ne sais quoi, c’était vrai à l’origine puisque vous l’avez constaté, mais qui vous dit que c’est vrai aujourd’hui ? De quoi avez-vous peur ?

La Joie, la Vérité, l’Amour, la Lumière, c’est cela qui est important, ne croyez pas trouver ces choses importantes dans les rituels, dans les habitudes que vous vous êtes fixés. Soyez neutres et vierges à chaque instant, ne soyez pas stéréotypés, ne soyez pas répétitifs, ne figez rien, même dans la personne, je vous l’ai dit, y a suffisamment d’éléments extérieurs qui sont là pour vous figer. Comment vous appelez ça ? Assurances-vie, assurances sociales, assurances maison, assurances de partout. Voyez-vous le degré d’inepties de la société dans son ensemble qui veut se prémunir de tout, qui veut la sécurité, le plein emploi, l’eau courante, l’électricité, toutes ces choses qui en définitive, si vous êtes honnêtes, n’ont fait que vous faire entrer en léthargie ? Ah c’est confortable, mais dans le confort, vous dormez, vous ne disparaissez pas, vous êtes anesthésiés, même si c’est rassurant, et c’est rassurant pour l’ego, mais c’est pas du tout rassurant pour ce que vous êtes.

J’attends la suite.

Question : je n’ai pas de question particulière et j’accueille ce que vous avez à me dire en vérité.

Tu constates déjà largement par toi-même tout ce qui a pu changer en une année écoulée. Tu constates par toi-même que des éléments qui t’encombraient ne t’encombrent plus, il y a une forme à la fois de vigilance et de spontanéité qui a ouvert, si je peux dire, en grand les vannes de l’Accueil et tu constates que la véritable liberté est là. Cela te semble effectivement de plus en plus évident et c’est la vérité. Il ne manque rien, il y a juste à amplifier. Comment ? En magnifiant, si je peux te dire, l’Accueil dans l’instant présent. Fais que chaque instant présent soit vierge, ne soit pas coloré par toutes tes expériences passées, par le besoin parfois encore de relier les choses entre elles, bref d’accroître, si je peux dire, la spontanéité encore plus que ce qui est déjà produit et réalisé, c’est tout. Et là aussi tu constateras, comme je l’ai dit précédemment, un allègement de la personne et une densité, une présence de l’Amour qui ne laissera planer aucune interrogation. C’est déjà en quelque sorte en route. Passe la vitesse supérieure et ne bouge pas.

Merci.

… Silence…

Deux minutes de silence comme ça, avant de continuer.

… Silence…

Allons-y.

Question : au cours de votre intervention, hier et aujourd’hui, j’ai ressenti une vibration intense dans toute la poitrine. À la fin, j’ai été pris d’un rire extrême et j’aurais voulu embrasser tout le monde. J’ai ressenti de la jubilation. Que m’avez-vous fait ou que me suis-je fait ?

Et je peux savoir pourquoi tu n’as pas pris tout le monde dans tes bras, pourquoi tu as gardé ça pour toi ? Qu’est-ce qui t’a freiné ? Ce que tu nommes jubilation est le Feu Igné. La vibration accompagne la conscience. Ne mets pas de frein, cela va se reproduire, alors si tu dois embrasser un arbre, une pierre, fais-le, partage, donne. D’ailleurs tu peux pas le garder pour toi. Quand cela va revenir, embrasse tout, embrasse-toi, n’aies aucun scrupule ni aucune retenue, tu peux même aller embrasser ta voiture, tout ce qui passe, avec le même élan, la même générosité, la même jubilation. Ne te prive pas, y a pas de conventions. Si tu aimes et que tu embrasses dans cet état, tu ne peux déranger personne, bien au contraire.

Alors, comme je te l’ai dit, cela va se reproduire ; ne freine rien, embrasse tout ce qui passe à côté de toi, ne fais pas de différence. Là est la spontanéité et la Vérité, pas dans les conventions. Je vais prendre un exemple et je terminerai pour vous laisser votre pause là-dessus. Il vous arrive très souvent, certainement, quand vous vous retrouvez, de vous prendre dans les bras, c’est normal, c’est humain, vous vous retrouvez, mais quand ce genre de chose se produit, alors allez-y, ouvrez les vannes, parce que c’est spontané, ce n’est pas lié à une rencontre ou à une retrouvaille mais c’est avant tout les retrouvailles avec votre éternité. Dans cette jubilation, comme tu dis, y a pas d’histoire, y a pas d’origine, y a pas de lignées, y a juste la Vie. C’est la Vérité, la seule qui soit immuable.

Question : il y a encore des souffrances et des peurs qui remontent en moi et m’empêchent de trouver la joie du cœur. Pouvez-vous m’aider ? 

Ces peurs qui remontent, tu les as identifiées quant à la causalité, quant aux manifestations elles-mêmes ? Oui ou non ?

Question : pas toutes.

Bien, quand une peur remonte, comme tu dis, tu fais quoi ? Tu as peur d’accord, mais après, tu luttes, tu t’opposes, tu veux comprendre, tu veux éradiquer, c’est ta demande d’ailleurs, mais en faisant ça, tu la nourris. Voir les choses, ce n’est pas leur donner corps, ce n’est pas les arrêter, ce n‘est pas y succomber. La problématique, et c’est souvent, si ce n’est toujours comme ça, quelque chose surgit, blessure, peur, habitude, mental, peu importe, quelque chose arrive. Qu’est-ce qui se passe à ce moment-là ? Surtout si c’est la peur, elle vient donner la peur. La peur qui remonte génère la peur de la souffrance, de la limitation, et là tu es piégée.

Il faut oser traverser les peurs, ne pas les arrêter. Change de point de vue, regarde-les passer. Si tu y arrives ne serait-ce que quelques minutes, la peur n’est plus là, ce qui veut dire, inconsciemment, que ton attitude nourrit la peur ; ce n’est pas des mémoires, cela vous a été expliqué, c’est des habitudes. Alors si tu as peur, quand ça remonte, si tu es chatouilleuse, fais-toi chatouiller. Regarde un film, distrais-toi, ne t’alanguis pas sur ce qui est vécu, ne lui donne pas corps, ne lui accorde aucun crédit car comme tu le vis et le sais, ces peurs remontent et elles disparaissent entre temps, oui ou non ?

Question : oui.

Donc raison de plus. Ce n’est pas pareil qu’une souffrance chronique ou une peur chronique, installées, c’est des épisodes de peur. Le simple fait aujourd’hui de les regarder, tu leur donnes corps, tu leur donnes présence. Je ne t’ai pas dit de l’ignorer, je t’ai dit de la regarder, je ne t’ai pas dit non plus de l’expliquer, ni même de la comprendre. Alors je sais pas, quand il y a la peur, trouve-toi quelque chose, n’importe quoi, je t’ai dit, regarde un film, ça peut être agiter une clochette pour ne pas être figé. Regarder et traverser ne veut pas dire être figé, ça veut dire demeurer dans l’observateur, ne pas la nier, parce que si tu la nies elle va se renforcer, de l’accueillir là aussi.

C’est dans l’Accueil aujourd’hui que se trouve la capacité de la résolution par l’Intelligence de la Lumière, et non pas en nourrissant, non pas en ayant peur de la peur, parce qu’elle est incomprise, parce que tu ne sais pas d’où elle vient. C’est réellement, non pas une technique ni une aide extérieure, c’est une compréhension, non pas de la peur mais des mécanismes propres de ta conscience quand cela se produit. La peur est éprouvée et vécue avant qu’elle ne te paralyse, comme c’est le cas dans certaines occasions.

Frappe-toi la poitrine, appelle une amie, mais pas pour parler de la peur ou dire « j’ai peur », pour parler de tout autre chose, du temps qu’il fait. Dérive la conscience même au sein de l’éphémère. À ce moment-là tu ne peux plus nourrir la peur, et comme elle ne sait plus comment t’accrocher, eh bien elle disparaîtra d’elle-même. C’est ça l’Intelligence de la Lumière, c’est ça l’état de Grâce. Regardez, dans les dernières années de ma vie, j’avais ce que vous appelez un cancer, à un endroit qui donne des douleurs terribles. Ah certes j’ai senti une fatigue, mais j’étais toujours le même. Quand vous êtes libérés ou en voie de, quand l’Esprit se révèle, attention à ce que vous nourrissez. Surtout quand la peur arrive, ne la laisse pas te prendre à la gorge, au ventre, ne t’oppose pas, ne résiste pas, mais occupe-toi d’autre chose. Ça ne veut pas dire t’en détourner, comme je l’ai dit, ça veut dire dériver la vibration de la Lumière, la conscience et la pensée, sur quelque chose de plus agréable. Ça ne marchera peut-être pas la première fois, parce qu’il y a la peur de la peur, mais ça marchera très vite.

D’une manière générale, dans ce que je vois, il y a une forme non pas d’émotivité mais d’impressionabilité, c’est-à-dire d’imprimés d’impacts trop importants. Cela veut dire quoi ? Que ta conscience est tournée vers la projection. Demeure tranquille, dans le silence, parle avec une amie d’autre chose. C’est toi, je ne dis pas que tu es responsable de ces peurs, que ce soient des habitudes ou des blessures, peu importe, c’est la conduite d’aujourd’hui qui n’est pas adaptée. Ce que tu regardes le nourrit, ce que tu observes est traversé et ne peut être arrêté. C’est en ce sens que j’emploie le mot « dérive », dérive ta conscience, ta pensée ; à ce moment-là, quelle que soit la cause de la peur, de la douleur, elle ne pourra pas te saisir. Le résultat sera différent quant à la durée, quant à l’intensité, quant à la fréquence, et très bientôt tu en riras.

Alors le maître du temps dit quoi ?

Merci Bidi.

Je vous remercie, alors je vous dis à tout de suite.

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