Entretiens d’Octobre 2017 / B I D I – Partie 2 – Q.-R.

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ENTRETIENS D’OCTOBRE 2017

B I D I

PARTIE 2 – Q. / R.

Eh bien Bidi est avec vous, il vous salue. Avant d’échanger, nous allons nous accueillir dans le silence.

… Silence…

Nous pouvons maintenant commencer. Je t’écoute.

Question : accueillir, est-ce laisser la Vie se vivre en moi ?

Dès l’instant où tu accueilles, dans l’acception la plus large de ce mot, nécessairement la Vie se vit. Tu es la Vie et non plus ta vie, tu sors de l’histoire. L’Accueil est un état de réception, sans condition, de tout ce qui apparaît, de tout ce qui disparaît, avec le même équilibre, t’amenant de manière fulgurante ou en tout cas rapide à constater et à réaliser que c’est en cette condition-là de ton être que tu te retrouves. Et cela ne peut pas être un effort, ni une volonté, ni un désir, c’est quelque chose qui se produit dès l’instant où tu cesses, comme je l’ai dit, tout processus, quel qu’il soit, de projection.

Ceci effectivement permet d’installer avec évidence le saint des saints, là où rien ne passe, là où rien n’apparaît ni ne disparaît, là où tout est immuable, te faisant rejoindre alors le moyeu de la roue qui observe tous les mouvements, participe de tous les mouvements, et pourtant n’est pas le mouvement. C’est, je dirais, un état particulier de la conscience qui ne joue plus mais qui se tient là et observe le jeu, quelle que soit sa puissance. C’est cette observation du jeu qui laisse disparaître ce qui n’est pas éternel et vient, en quelque sorte, magnifier ta Présence qui confine à l’Absence. C’est sortir du jeu, non pas par un mouvement, non pas par une fuite ou un déni, mais justement par l’immobilité de l’Accueil.

Cette immobilité de l’Accueil ne concerne pas les mouvements de votre corps ni de votre mental mais avant tout la cessation du jeu, la cessation de l’appropriation ou de la projection, et bien évidemment, en l’Accueil, tu réalises que tu n’es pas ta vie qui est limitée mais que tu es la Vie, ici comme ailleurs, comme partout. C’est passer de la périphérie au centre, du mouvement de la conscience à sa fixité, et ce, indépendamment de ta vie. C’est rejoindre le centre, le moyeu, qui permet tous les mouvements harmonieux autour de ce centre. Dans un second temps, ce centre lui-même disparaîtra, t’amenant à retrouver que tu n’es pas plus le moyeu que la roue elle-même, mais que tu es antérieur à tout mouvement, à tout temps et à tout espace. Là s’installe l’extase, la félicité, la plénitude, un état de repos, de silence, où rien n’a besoin d’apparaître concernant la personne. La Vie se déploie, non plus depuis le centre de la personne mais depuis le saint des saints.

Retiens bien que jamais il n’est question d’effort à fournir ni de travail. C’est justement la cessation de tout effort et de tout travail qui laisse apparaître ce qui a toujours été là et qui était masqué à ton point de vue, à ta vue et à ta conscience ordinaire, par le mouvement de la vie, de ta vie. Remplaçant le mouvement de ta vie par le mouvement de la Vie, tu constates alors son impeccabilité, son immuabilité, sa persistance, et surtout, au sein de ton éphémère que tu as à vivre, l’élément qui domine est la Paix, la Joie et le Silence. Quoi qu’il se déroule sur l’écran de ta vie ordinaire, elle est sublimée par la Vie et donc par l’Amour, car toute vie est Amour. Aucune vie, même ici sur cette terre, n’est possible sans amour.

L’Amour est en quelque sorte le carburant, de la vie, de l’expérience, de la conscience. Il se traduit par la Lumière, non pas celle que vous voyez mais celle qui est vécue. À ce moment-là, tu pourras constater qu’aucun élément saillant ne peut effacer ou amoindrir la Vie qui est, te rendant alors disponible en chaque occasion, en chaque regard, en chaque mot, d’être disponible pour la Vérité, le Vrai, le véridique, constatant alors que ce qui est naturel ne peut pas dépendre d’une quelconque volonté, d’un quelconque agencement, d’une quelconque organisation ou d’un quelconque lien.

Alors à ce moment-là, tu te vis et te sens comme la Vie, c’est-à-dire libre, quelles que soient les limites et les contingences propres et inhérentes à ce corps et à ce monde. Toutefois, en votre langage occidental, le mot « Accueil » est fondamental, parce que s’il y a l’Accueil, bien sûr sans condition et sans restriction, alors effectivement la Vie te vit, alors effectivement la Paix, le Silence, la légèreté de la Joie, de l’extase, deviennent, même en ce monde éphémère, permanentes. Rien ne peut détruire, occulter, amoindrir ce qui est retrouvé, te donnant alors à sourire à ce qui était présent avant que tu te trouves, t’amenant à sourire en quelque événement qui se déroule, sourire à la Vie quel que soit ce que vous nommez l’enfermement.

Constater votre condition éphémère en ce monde sans faire appel à quelque élucubration concernant le passé, le karma, la personne, les religions, les mouvements spirituels, en laissant tout passer et tout s’effacer. Il ne reste que le joyau, ce que tu es. Et rappelle-toi que ce n’est pas exclusif mais inclusif. Autant la personne, l’histoire, est exclusive, autant l’Amour, ce saint des saints, est inclusif, venant magnifier toute forme de résistance, toute forme de souffrance, ou toute forme de déni de ce qu’est la vie. 

À ce moment-là, vous n’êtes plus soumis aux croyances, aux pensées, aux égrégores, aux mouvements, aux religions. Vous avez retrouvé votre véritable autonomie et là aussi, le marqueur en est la Joie perpétuelle, la Paix perpétuelle. Cette Joie sans objet, sans but, sans réaction, est le meilleur témoin de votre état naturel. Il n’y a rien à rajouter mais simplement à laisser s’évacuer justement tout ce qui a été rajouté depuis que vous avez pris conscience que vous êtes un individu, à l’âge de quatre ans.

Tout ce qui a été accumulé, comme joies et comme peines éphémères, tout ce qui a été appris, tout ce qui a été aimé conditionnellement, d’une certaine manière s’évacue. Il y en a toujours une forme de souvenir, de mémoire, mais ce genre de souvenir et de mémoire ne peut en aucune manière venir altérer le naturel que vous avez retrouvé. C’est ainsi que s’arrête toute recherche, c’est ainsi qu’effectivement tu es la Vie et non plus ta vie exclusive, tu rentres dans l’inclusivité.

La première étape est neti-neti, ni ceci ni cela, jusqu’à ce que tu découvres que c’est aussi ceci et cela mais que cela ne peut en aucun cas perturber, altérer, dévier, amoindrir ce que tu es. Si ce que tu es au-delà de ce monde transparaît et se retrouve, alors même ce sentiment d’être, le fameux « Je suis Un » disparaîtra de lui-même, dès l’instant où tu ne retiens rien, dès l’instant où tu acceptes que même le « Je suis Un » n’est qu’une projection de la conscience, depuis le saint des saints. Alors tu constates à ce moment-là que rien ne peut venir ébranler, modifier la tranquillité et la Paix, laissant libre cours à l’éclairage de cela, à la radiance de cela, c’est-à-dire l’Amour et la Lumière véritable, non pas celle qui éclaire les formes, qui éclaire la société, qui éclaire les jours, car à ce moment-là le jour est permanent, il n’y a plus d’alternance, il n’y a plus d’oscillations, tout demeure stable, en équilibre dynamique, par l’action de l’Intelligence de la Lumière et par l’action de la Grâce.

Le personnage, l’histoire, la personne, est accessoire, et est effectivement un accessoire de manifestation de la conscience en ce monde mais ce monde ne peut plus altérer, ne peut plus fausser, ne peut plus entraîner. Tu n’as plus alors besoin de résister, de t’opposer, de te confronter au monde ou à ton histoire, mais juste à laisser couler la vie et la vie coule ainsi jusqu’à ton dernier souffle. Ceci alors te permettra, le moment venu, qui est soit le moment de ta mort, soit le moment qui vous est annoncé par les Anciens, le deuil ne sera plus un deuil mais une délivrance, le sentiment de perte sera comblé au-delà de toute mesure par la Vérité et le Vrai, par cet état naturel.

Je l’ai dit aussi, la légèreté sera omniprésente, en quelque mot qui soit prononcé, en quelque rencontre qui soit menée, en quelque relation qui soit à vivre. Tout ce qui fait le côté heurté de la personne à travers la succession des événements heureux ou malheureux, communs à toute vie, ne laisseront aucune marque, aucune cicatrice, et ne permettront aucune déviation de cet état naturel.

Il faut aussi se remémorer que quand vous retrouvez ce que vous avez toujours été, il y a un changement radical, ainsi que je l’ai exprimé avec la roue et son moyeu, et ceci se vit à chaque minute, à chaque action, chaque nuit, chaque matin, il y a une permanence au sein de l’éphémère. C’est cette permanence de la personne, de l’humeur, des activités, des pensées, qui change du tout au tout, sans effort, sans le comprendre, sans le chercher, sans le revendiquer. Ainsi est la majesté du Brahman en incarnation. Ainsi l’écran de votre scène de théâtre s’éclaire, je dirais, comme jamais, vous donnant à voir au travers des mots, au travers des actes de chacun comme de l’ensemble du monde, et cela ne peut être confondu avec autre chose, même avec le Soi.

Rappelez-vous, vous vous retrouvez. Vous étant trouvés, vous constatez immédiatement que cela ne peut disparaître, ne peut être occulté à nouveau. En ce sens, cet Accueil n’est rien d’autre qu’une restitution à votre intégrité, non pas celle de la personne au travers de quelque moralité, mais l’intégrité de votre éternité. À ce moment-là, vous vivez intimement que vous êtes à l’origine du monde, que vous êtes à l’origine de toute conscience, de toute forme, de toute dimension, et que vous avez été trahis par la distinction des formes. Vous voyez alors ce monde comme un rêve collectif, il n’a aucune substance. Malgré sa densité, malgré l’enfermement, il est irréel, et là, il ne s’agit pas seulement d’un point de vue de la conscience mais de la réalité de la conscience, antérieure à toute forme, vous conduisant à l’antériorité de la conscience ou à la source de la conscience. Et là, vous êtes celui qui connaît, vous êtes la Vérité.

En contrepartie, vous voyez aussi que tout ce qui était avant est faux, et tout ce qui était avant avait sa propre dynamique de souffrance, de sentiment de perte, d’alternance de joie et de tristesse qui sont communs à toute vie en ce monde. Il est impossible de vous tromper parce que, rappelez-vous, vous retrouvez ce que vous avez toujours été, et vous voyez votre personnage et votre vie qui est simplement quelque chose qui est de l’ordre du rêve, qui n’est pas tangible et qui pourtant n’est pas illusoire. Il est réel mais ce réel apparaît et disparaît, il est nommé la réalité, mais cette réalité-là ne pourra jamais vous contenter, c’est impossible, car il manquera l’essentiel : vous retrouver.

Du fait des circonstances temporelles de ce monde, l’Accueil devient de plus en plus aisé, mais à condition de ne mettre devant, ou derrière, aucune supposition, aucun objectif, aucun désir, aucune barrière. Cet Accueil est donc sans condition, vous donnant à voir que vous n’avez rien à arrêter, rien à croire, et en définitive, vous laissez l’expérience se dérouler mais vous n’êtes pas l’expérience, et vous constatez que cette expérience de la vie qui se déroule au sein de la personne est de plus en plus légère. La vie de la personne elle-même s’apaise, sans explication, sans causalité, vous vous êtes effectivement retrouvés dans tous les sens de ce terme.

C’est le moment où la Vie, comme tu le posais comme question, prend le pas sur ta vie. Et quand la Vie prend le pas sur ta vie, tu deviens vivant, la mort n’a plus d’emprise sur toi, le monde n’a plus aucune emprise ou empreinte sur toi, aucun lien ne peut demeurer, il reste juste la liberté de l’Amour librement consenti, librement émané, librement vécu. Il n’y a aucune réduction ou aucune amplification de cet amour, il est égal, distribué de manière naturelle comme le soleil le fait, sans distinction d’homme, de femme, de statut social. La Lumière est la même pour le malandrin comme pour le saint, c’est l’usage qui en est fait qui est différent. 

Abordons une deuxième question.

Question : à quel moment naît le corps d’Êtreté ?

La question ne stipule pas si c’est à ce que l’on pourrait nommer « le commencement » qui n’a jamais eu lieu. Dans ce cas-là, le corps d’Êtreté est unique, quelle que soit la conscience, quelle que soit la dimension, c’est un véhicule universel. Il n’y a aucune différence dans la structure même du corps d’Êtreté, il y a juste des colorations qui sont prises par ce corps d’Êtreté en fonction du cadre dans lequel ce corps d’Êtreté entre en manifestation. Le véhicule ne sera jamais vous, un véhicule est un moyen de transport, ce transport ne se fait pas seulement dans le temps ou dans l’espace mais il se réalise avant tout au-delà du temps et de l’espace, d’expérience en expérience, mais vous n’êtes pas propriétaires des expériences quelles qu’elles soient, même en ce monde. Vous êtes la somme de toutes les expériences. Cela ne peut être conçu dans votre tête, cela ne peut être qu’éprouvé dans le cœur.

Vous n’avez pas besoin de mourir pour cela, vous n’avez pas besoin de renaître non plus mais effectivement, comme cela vous a été dit, redevenir comme un enfant, c’est retrouver l’innocence d’avant quatre ans, avant que le conditionnement parental de l’éducation, de la société, ne fasse son œuvre de division. C’est pour cela que je vous ai toujours dit de remonter vos souvenir, non pas pour élucider quoi que ce soit ou résoudre quoi que ce soit, mais pour retrouver ce que vous étiez avant que l’individualité ne se saisisse de vous. Ce n’est pas un retour dans le passé de votre histoire mais une forme de retour à l’évidence.

En résumé, quelle que soit la dimension, quel que soit le cadre d’expression de la conscience, il n’y a qu’un corps d’Êtreté. Tout est Un. Quelle que soit la multiplicité apparente des dimensions, des formes, il n’y a pas d’aspect fragmentaire ou parcellaire. Étant le moyeu de la roue, vous êtes aussi toute la roue en manifestation mais vous êtes antérieurs à toute manifestation, à toute conscience. C’est le fait de retrouver cela qui, ici en ce monde, vous libère, vous fait vivre la Joie, cet état naturel qui est votre nature, votre essence, à chacun de nous, où que nous soyons, quelle que soit l’appellation de la forme. Que vous soyez Marie, Archange, Bidi ou le pire des assassins ne change rien en vérité. Cela n’est pas un concept, cela n’est pas quelque chose auquel il faut croire ou adhérer, mais c’est un vécu. Quand cela est vécu, il n’y a plus aucun espace possible pour le morcellement, pour l’idée d’être une personne, pour l’idée d’avoir une famille, un mari ou une femme. Vous voyez réellement et concrètement les jeux de la conscience, mais étant libérés, vous n’avez plus besoin de la conscience puisque vous êtes la source de la conscience, la source du corps d’Êtreté, et même bien en avant de cette source.

L’Accueil, aujourd’hui, permet ce qu’a permis pour certains d’entre vous la réfutation et l’Onde de Vie, le Sharam Amrita du début de l’année 2012. Les circonstances sont différentes. La reconscientisation du corps d’Êtreté, sur lequel nombre d’entre vous a travaillé, si je peux dire, a rendu possible la présence du corps d’Êtreté, identique pour chacun, pour la totalité des consciences de la terre. Cet Accueil-là permet dorénavant de ne plus avoir besoin d’entreprendre quelque travail que ce soit, l’observateur est de plus en plus présent. Cet observateur est aussi un spectateur et non pas un acteur, vous amenant à voir, comme je l’ai dit voilà quelques années, à constater qu’il n’y a ni acteur, ni spectateur, ni théâtre, que vous êtes en amont de cela, même si vous jouez à cela. Il n’y a plus aucun doute possible parce que cela est vécu et non pas pensé ou conceptualisé. Aucun concept ne peut vous mener à la Liberté. Dès qu’il y a définition au sein d’une forme, au sein d’une dimension, il y a jeu, mais la différence de la libre expression de la conscience avec l’expression de la conscience en ce monde tient à l’oubli.

Dès l’instant où l’individu apparaît en ce monde, ce qui survient, je vous le rappelle, quelques années après l’apparition du bébé, alors, comme vous dites dans votre langue, c’est foutu, vous êtes piégés, vous vous conformez à ce que le rêve commun vous demande et vous prenez le rêve pour la réalité en vous fixant des objectifs. Qu’ils soient amoureux, qu’ils soient spirituels ne change rien, l’objectif est toujours une projection. Il n’y a que quand les objectifs sont éradiqués d’eux-mêmes, parce qu’ils sont vus pour ce qu’ils sont, que vous vous retrouvez et que vous êtes libres, avec les témoins dont j’ai parlé : la Joie, la Paix, la permanence de votre humeur. Vous n’avez besoin d’aucun référentiel ni même d’un modèle, il vous faut être dépouillés de tous les attributs de la forme, de tous les attributs de la société, mais rappelez-vous que vous n’avez rien à fuir. L’erreur serait de croire qu’il faut rejoindre un mouvement, un groupe, une religion, écouter quelqu’un. Il n’y a pas de maître, il n’y a pas de supérieur, il n’y a pas de hiérarchie, tout cela, ce sont des foutaises qui sont très prenantes dans toutes les spiritualités à l’heure actuelle.

Que reste-t-il même de d’Advaita Vedanta aujourd’hui ? Relisez, si ça vous intéresse, Shankara. Plongez-vous dans les écrits extrêmement anciens, non pas Shankara, vous allez traduire par un personnage récent, mais je veux parler des pères, si je peux dire, de l’Advaita Vedanta. Où que vous tourniez vos lectures, que cela soit dans le Cachemire, que cela soit dans l’Inde ancienne, dans le Bouddhisme primordial, dans le Taoïsme, dans les paroles simples du Christ et non pas dans les religions, ils ont exprimé chacun à leur façon la Vérité, mais parler de la Vérité ne vous rendra jamais vrais. Suivre un culte, une idole, un maître, vous enferme. Vous ne devez rien croire de l’histoire, rien croire sur vous-mêmes. Accepter de ne rien connaître de ce que vous êtes en vérité, c’est la seule façon de le retrouver aujourd’hui. Vous ne pouvez vous appuyer sur rien, surtout pas sur votre personne, surtout pas sur vos affects, et encore moins sur des projections. Demeurez présents à vous-mêmes, quoi que vous ayez à mener en ce monde, ou croire devoir mener en ce monde, et cela se fera naturellement.

Autrement dit, ce qui se déroule sur l’écran de ce monde en tant que personne ne concerne en rien ce que vous êtes en vérité, et vous êtes piégés dès que vous croyez à l’histoire quelle qu’elle soit, à quelque personnage que ce soit, vous ou un autre. C’est pour ça que la Vérité ne peut être dite, elle ne peut que s’éprouver et se vivre dans le silence le plus complet, débarrassée de toute référence, de tout but, de tout objet, de tout point de comparaison. Oser affronter le néant de l’ego, c’est découvrir le Tout, libre des concepts, libre des idées, libre de tout ce fatras spirituel qui vous barre la route et la vue de manière bien plus forte que les conventions sociales ou morales.

Ce que je veux dire par là, c’est que aujourd’hui vous n’avez pas besoin de la spiritualité, vous êtes l’Esprit, et vous êtes même antérieurs au premier Esprit, antérieurs au corps d’Êtreté. Cela suffit. Éprouvez cela et tout le reste vous est ouvert, ici comme ailleurs. Ne soyez retenus par rien, ne veut pas dire supprimer les liens par une action quelconque, cela ne veut pas dire non plus être indépendants de la société, cela veut dire être pleinement dedans, ne rien refuser de votre vie. Que ce soit mari, femme, enfants, ou contrariétés de quelque ordre que ce soit, laissez ça se vivre, ça ne vous concerne pas. Si vous vous sentez concernés, vous êtes piégés dans l’histoire, dans un scénario, dans un devenir. Mais vous êtes parfaits, vous n’avez rien à devenir, réalisez-le maintenant ; c’est ici et maintenant, dans cet instant. Ne vous appuyez sur rien, sur aucun modèle, soyez dans cette innocence, celle de l’enfant.

Je disais, je vous le redis aujourd’hui, quand j’étais incarné comme vous, je disais que mes paroles ne pouvaient pas échouer, mais le poids des conditionnements est tel ‒ pas seulement en Occident, il est tout aussi fort en Orient, là où je vivais ‒, le poids de l’Histoire, les adhésions multiples à une foi, à quoi que ce soit d’ailleurs, vous empêchent d’être libres. Dans l’instant présent, il n’y a ni demain ni hier, alors comment voulez-vous trouver l’instant présent si vous faites référence à hier ou à demain ? Ou en vous appuyant sur des expériences de l’autre, des autres ? Il faut vous affranchir, mais quand je dis « il faut », ce n’est pas un travail ni un effort, c’est un soulagement, et bien sûr, vous le savez, la peur, le plus souvent cachée, vous maintient enfermés, la peur du qu’en dira-t-on, la peur de perdre, la peur de ne plus contrôler, de ne plus gérer, de ne pas pouvoir faire face.

Le Libéré, et dans sa nature, dans son état naturel, j’ai parlé de Paix mais il y a aussi une insouciance, le mental ne peut plus venir envahir ce qui est de l’ordre de l’Esprit. Le mental sert à travailler en ce monde, mais pas pour trouver qui vous êtes, le retrouver. Le mental n’est pas votre ennemi, il est votre allié pour agir en ce monde. C’est le poids que vous lui donnez, par les pensées, par les croyances, qui le rend aussi détestable, mais vous le voyez de plus en plus aisément, quel que soit votre emplacement. Il y a donc une forme de relâchement de l’identification au mental comme de l’identification au corps, c’est un mécanisme global qui est conjoncturel, mais vous ne dépendez d’aucune conjoncture. Ce que je veux dire par là, c’est que ça n’a jamais été aussi facile qu’aujourd’hui.

D’ailleurs quand vous êtes libres, vous ne pouvez que sourire avec indulgence sur le personnage que vous étiez l’instant d’avant. Il n’y a pas de meilleure preuve. Retrouver cet état naturel est d’une évidence telle que ne peut surgir à l’intérieur de la conscience aucune interrogation, aucune question, rien ne peut venir troubler cela. Si vous êtes troublés, c’est que vous en avez fait l’expérience mais que vous ne vous êtes pas retrouvés, vous avez juste vu ou perçu.

Je voudrais surtout que vous gardiez présent en vous qu’il n’y a jamais d’efforts à faire, gardez vos efforts pour gérer votre vie en ce monde, pour faire face aux obligations, mais ne mêlez pas l’Esprit à cela. Le simple fait même de vouloir mettre l’Esprit partout dans vos activités quotidiennes ne sert à rien parce que vous allez renourrir votre mental. Il vous faut en quelque sorte, non pas séparer les choses, puisque tout est Un, mais bien voir ce qui est de l’ordre de l’éphémère et de l’ordre de la Vérité. Rien de ce qui est éphémère ne peut être en rapport avec la Vérité, parce que la vérité d’un jour n’est pas la vérité du lendemain. Nous connaissons tous ça à travers nos affects : je t’aime, je me marie / je ne t’aime plus, je divorce. Et de toute façon, même l’amour le plus romantique, le plus parfait et idéal sur cette terre, se terminera nécessairement à l’instant de votre dernier souffle.

Vivez ce que la Vie vous propose, vous offre, mais ne tenez à rien. Il vous a été dit d’ailleurs ‒ il me semble, il y a pas longtemps ‒, que tout ce qui doit arriver arrivera, quoi que vous fassiez, et la chose la plus certaine en ce monde, c’est bien la mort de l’histoire à travers la mort du corps, ce sac de nourriture qui n’est que de la viande et qui pourtant vous sert à vous manifester, et dans lequel vous êtes. Mais ne devenez pas idolâtres, le temple est une construction. Ce qui est important, c’est pas l’aspect du temple mais c’est ce qui est à l’intérieur, bien sûr.

Vous n’avez rien à vénérer, vous n’avez à vous soumettre à rien, ni aux concepts, ni aux percepts, ni surtout à aucune histoire. Bien sûr qu’il y a eu des modèles, je vous l’ai dit, mais vous savez qu’à un moment donné le modèle lui-même doit être tué. Le modèle vous permet de copier, de vous approcher, quoi que vous ayez choisi comme modèle, mais vous n’êtes pas le modèle. À un moment donné, vous devez réellement faire le deuil de toutes vos illusions, de tout ce qui passe, et cela se fait naturellement quand vous vous retrouvez, car rien ne peut subsister d’autre que la vérité de cette Joie sans objet, de cette sérénité, de cette extase. Encore une fois, ce sont des mots, on en trouve dans toutes les cultures et dans toutes les langues, avec des synonymes, des équivalences, mais tout mot qui est prononcé sans être vécu ne sert à rien, c’est de la parole, ce n’est pas du Verbe.

Poursuivons, si tu veux bien.

Question : je vous remercie de m’avoir fait comprendre que la source de la conscience était dans le Cœur du Cœur. Grâce à cela, j’ai réussi à contacter le Cœur du Cœur et à vivre la Joie.

Je te remercie pour ce témoignage et quand je vous disais que aujourd’hui, en ce temps-là de la Terre, il est beaucoup plus facile, malgré les apparences et les contraintes extérieures de la fin du Kali Yuga, de trouver votre véritable âge d’or. Il est en vous, il n’est pas dans la transformation du Kali Yuga en un âge d’or. Ça, c’est les rêves, le rêve de l’ego, le rêve de l’âme, mais ce n’est pas la vérité de l’Esprit. Vous n’avez rien à améliorer, vous n’avez rien à évoluer, vous n’avez que des jeux à mener, des expériences, le jeu pour le jeu.

Rappelez-vous, dans ce que vous nommez les autres dimensions, il n’y a pas de règles, il n’y a qu’une loi, cela vous a été expliqué, c’est à vous de le vivre, la loi de Un, la loi de Grâce, la loi d’Amour ; c’est la même loi. Tout le reste n’est pas nécessaire, ni même utile, ni même souhaitable, l’Amour agence tout. Le Kali Yuga, l’âge sombre, est l’âge où collectivement a été oublié l’Esprit. Peu importe les forces qui ont été mises en œuvre pour réaliser cela, ça n’a aucune importance parce que cela faisait partie du jeu. Ce que vous nommez aujourd’hui souffrance, enfermement, quelle que soit la souffrance, fût-elle la plus intolérable, disparaîtra au moment de la mort. L’Amour, lui, ne disparaîtra jamais, il ne peut pas disparaître. Sans Amour, il n’y a pas de vie ; sans Esprit, il n’y a pas de vie, même si l’Esprit s’est raréfié, c’est un mécanisme d’oubli, encore une fois quelles que soient les causes. La cause elle-même est un jeu.

Les peuples nommés primitifs appellent la vie en ce monde « un rêve ». C’est effectivement un rêve, et je dirais même, en Kali Yuga, un cauchemar, et pourtant c’est dans ce cauchemar que la vraie vie est retrouvée, parce que le cauchemar crée les conditions du réveil. La peur aussi conduit à l’Amour, que vous le vouliez ou non, et quand le Commandeur disait « la peur ou l’Amour », si vous êtes dans la peur, cela veut dire que l’Amour frappe à la porte encore plus fort. Quand vous en aurez marre d’avoir peur, quand vous en aurez marre de souffrir, quand vous en aurez marre de vous raconter des histoires, alors vous vous retrouvez.

Tant que vous pensez qu’il y a une quête, tant que vous pensez qu’il y a quelque chose à améliorer dans ce qui est parfait, vous ne pouvez pas vous retrouver. Améliorez, si vous voulez, les conditions de vie sur ce monde, mais quel que soit l’état de confort ou d’inconfort des modes de vie en ce monde, cela ne change rien à la Vérité. Alors bien sûr, je sais que de très nombreux enseignants, de pseudo-gourous vous font croire qu’il vous faut travailler, qu’il vous faut chercher, qu’il faut vous améliorer, qu’il faut pratiquer. Mais rendez-vous compte, ce sont des aveugles qui guident des borgnes.

Il vous faut quelque part redevenir un anarchiste, mais pas un anarchiste politique, un anarchiste de la conscience, rejetant tous les cadres, toutes les limites, dans l’Amour, dans la certitude, dans l’évidence de ce que vous êtes. Ce n’est pas de la violence, c’est naturel. Ne croyez en rien et surtout pas en votre histoire ni en l’histoire de ce monde. Tant que vous n’avez pas tourné tous vos points de vue et tous vos regards sur ce saint des saints, ce Cœur du Cœur comme vous le nommez, comme cela a été évoqué dans ce témoignage, comment voulez-vous vous retrouver ? Dans des histoires, dans un maître, dans des pratiques futiles ? Ce ne sont que des babillages, des travestissements. La Vérité n’a besoin d’aucun habit, d’aucun mot, d’aucune supposition, de rien, elle « est ». Et c’est ce que nous sommes tous.

Tant que le moyeu n’est pas trouvé, le mouvement de la roue est chaotique, à l’image de toutes les histoires de ce monde, fussent-elles l’histoire d’un grand être. Dans les Upanishads, Krishna aussi s’est trompé. La perfection ne peut pas exister dans la manifestation ; c’est normal, c’est un jeu. La seule perfection véritable est votre nature. Pour cela, il vous faut quelque part plonger dans le néant, dans le vide, dans la disparition, retourner à la source de la conscience, qui est en vous. La Source est en vous, le Sauveur est en vous, le pécheur aussi, le saint aussi, mais ce n’est pas vous. Vous ne pouvez être limités à aucun rôle, à aucune histoire, à aucune dimension, à aucun univers ni même à aucun multivers. Cessez les babillages, les faux-semblants, les adhésions à n’importe quoi. Allez à l’essentiel, y a pas de place pour tout ça en l’essentiel.

La Vérité est simple, elle est Une et unique, quel que soit l’emplacement où vous souhaitez vous poser ou vous manifester, en ce monde comme en tout monde. Il vous faut accepter de descendre dans ce néant pour l’ego. Dans la psychologie, on dirait d’aller dans vos profondeurs, d’affronter vos ombres. C’est la même chose au niveau de l’Esprit. Je vous rappelle que l’Esprit, pour l’ego, c’est le néant, pour le Soi, c’est l’ombre. Mais voulez-vous être libres ? C’est la question que vous devez vous poser, et qu’entendez-vous par Liberté ? La liberté de quoi ? De continuer vos histoires ou la liberté d’être vrais ? L’un ne va pas avec l’autre, c’est pas possible. C’est en ce sens que vivre le Cœur du Cœur est la voie de l’Évidence. Vous n’avez besoin de rien d’autre, d’aucun bagage, d’aucun concept, d’aucun but et surtout d’aucun avenir puisque tout est dans cet instant présent.
Peux-tu continuer ?

Question : vivre l’Éternité, est-ce vivre l’Absolu ?
 
L’Absolu est un concept. Que vous l’appeliez Parabrahman, Ultime, « ce qui est au-delà de la Lumière », « le néant », peu importe les mots, vous ne pouvez pas mettre des mots, vivez-le. Si vous cherchez des mots pour définir quelque chose qui est indéfinissable, quel que soit le point de vue, vous vous perdez dans le langage plutôt que d’être le Verbe. Et là encore, dans cette question, il y a le positionnement de l’intellect qui veut savoir, qui veut définir. L’Esprit est au-delà de toute définition. Il souffle où il veut et quand il veut, vous êtes cela.

Trouvez-vous, retrouvez-vous, et tout le reste, en ce monde comme en tout monde, dans le repos éternel comme dans quelque manifestation que ce soit, est vous. Là est le seul état qui n’est pas de la méditation puisqu’il n’y a pas de recherche. Tant que vous pensez devoir accomplir quelque chose, pratiquer quelque chose… vous avez le droit de pratiquer pour améliorer ce que vous voulez en ce monde, mais vous n’avez rien à pratiquer pour être vous-mêmes. Vous n’avez besoin de suivre personne ni d’imiter personne.

Alors bien sûr, pour la personne, dans un premier temps, il vaut mieux avoir un modèle, c’est plus rassurant, c’est plus séduisant, mais a un moment donné, il vous faudra tuer ce modèle, vous retourner entièrement en vous-mêmes afin de découvrir l’unique Vérité. Il n’y en a pas d’autre. Vous êtes cela, la Vérité. Dans la Vérité, il y a toutes les histoires mais vous n’êtes pas une histoire, parcellaire, vous êtes la somme de toutes les histoires, de toutes les créations, de toutes les dimensions, de tous les Archanges. Il n’y a pas de différence, il n’y a pas de distance excepté celles qui sont créées par les pensées et les concepts, c’est tout.

Être libéré confère une simplification de votre vie parce que vous êtes devenus la Vie et que votre vie est alimentée en quelque sorte par la Vie et non plus par les concepts, les idées, la moralité, ou la socialité.  C’était quoi la question ? Peux-tu la répéter ?

Question : vivre l’Éternité, est-ce vivre l’Absolu ?

Le mot qui me gêne, ce n’est ni le mot Éternité ni le mot Absolu, c’est le mot « vivre », parce que dans ce qui est énoncé, il y a la réalité de la vie personnelle en ce monde, de l’histoire sur laquelle est sous-entendu, peu importe si c’est l’Éternité ou l’Absolu, que cet Absolu, cette Éternité, peut être absorbé au sein de l’histoire de la personne. C’est faux, c’est l’histoire de la personne qui est réabsorbée dans la Vérité. C’est toute la différence entre la projection et l’Accueil. Encore une fois, que vous le nommiez Éternité, Absolu, Ultime, Parabrahman, chaque tradition et chaque culture a ses expressions pour cela, cela ne change rien. Tu ne peux pas débattre ou accepter que l’Éternité égale l’Absolu si tu ne le vis pas. Donc la réponse ne t’apporte rien, elle t’apporte un concept, mais le vécu ne dépend que de toi. Et quand je dis « toi », ce n’est pas l’histoire de ta personne, c’est ce qui est antérieur à toute histoire, à toute dimension, à toute source, et antérieur même au corps d’Êtreté. 

Mais le mot Absolu ou Ultime est bien plus signifiant que le mot Éternité ; ce mot a été employé par les Anciens quand on parle d’Éternel et d’éphémère.  Dans le vécu naturel, même l’Éternité ne veut rien dire, vous ne pouvez dire que : « Cela est ». Cela se traduit par la Joie, la légèreté, l’insouciance, le Feu du Cœur si vous voulez, et c’est tout. Regardez la vie d’une des Étoiles, Ma Ananda Moyi. Est-ce qu’elle a eu besoin de concepts ? Est-ce qu’elle a eu besoin d’écrire des livres ? Est-ce que la Source a eu besoin d’écrire ? Est-ce que j’ai eu besoin d’écrire ? Dès que vous couchez les mots sur le papier, vous êtes dans le faux, vous figez ce qui ne peut être figé. C’est en ce sens que tous les livres sans aucune exception, même les Vedas, ne nourrissent que le cerveau et l’éloignent du cœur.

Quels que soient les livres, que ça soit l’Ancien Testament, le Nouveau Testament, le Coran, les Vedas, il y a toujours un être ou un ensemble d’êtres dont le témoignage est repris sous forme écrite, figeant les choses, les altérant, les modifiant, parce que celui qui voit et celui qui écrit n’est pas celui qui vit. Dès que vous saisissez la nuance, et elle est fondamentale, aucun écrit, malgré sa puissance évocatoire ou même vibrale, comme par exemple l’Apocalypse de saint Jean, ne peut vous rendre libres. Elle ne peut que témoigner de la Vérité, et c’est tout, mais tant que la Vérité n’est pas vécue, ça reste un concept.
Continuons encore avec ces témoignages ou ces questions anonymes.

Question : l’Accueil ou accueillir, c’est se relâcher, se laisser traverser, se faire tout petit, entrer à l’intérieur dans le Cœur du Cœur. C’est ne plus nourrir le connu pour laisser venir l’Inconnu, sacrifier la personne pour laisser l’Éternité s’établir et rayonner.

C’est parfait, excepté le mot « sacrifier la personne ». Ça peut donner l’impression qu’il faut mettre fin à vos jours, à ce corps ou à cette histoire, ce qui est entièrement faux. La seule restriction est là, mais tout le reste est effectivement cela. N’oubliez pas que les pensées, le mental, vous le voyez de plus en plus clairement mais vous ne voyez pas les croyances, parce que les croyances ne se traduisent pas toujours en pensées ou en actes, les croyances font partie de votre éducation. Croire ou ne pas croire ne change rien. Par contre, quand on vous dit que le train que vous devez prendre arrive à 18h12, bien évidemment que vous devez y croire, mais tout ce qui concerne l’Esprit, tout ce qui concerne les écrits, quels qu’ils soient, ne peut être cru.

Comment expliquez-vous alors, excepté au XXème siècle, que dès qu’un être, où qu’il soit, découvre la Vérité, une multitude s’en empare pour en faire une religion ? Que ce soit pour Ahura Mazda, que ce soit pour Mani, que ce soit pour le Christ, que ce soit pour Mahomet, que ce soit pour Bouddha, dès que c’est écrit, cela devient faux, et toutes les religions vous vendent ça comme la panacée universelle afin de vous faire croire à des sornettes, vous empêchant de réaliser vous-mêmes cela. C’est une projection.

Aucun écrit, même sur l’histoire moderne, ne peut être vrai, parce qu’il dépend de celui qui l’écrit et pas de celui qui l’a vécu. Pourquoi croyez-vous que la Source n’a rien écrit, pourquoi croyez-vous qu’à part des poèmes, je n’ai rien écrit ? Parce qu’écrire est un travestissement, non pas de vous mais de ceux qui s’en emparent ou qui écrivent à votre place. L’Esprit ne peut que se réaliser par soi-même. Aucune autorité extérieure, aucun maître, ne peut vous délivrer, c’est un mensonge, et même dans la tradition orientale où il est d’usage de transmettre le pouvoir, ça s’est toujours mal passé. Même quand celui qui est à l’origine du vécu désigne un successeur, c’est un travestissement total. Rien ne peut approcher, même de loin, le vécu. Tout ce qui n’est pas vécu est faux. C’est un principe, et c’est une vérité essentielle de la conscience en manifestation.

Dans ce que vous nommez les autres dimensions, les écrits ne servent à rien puisque toutes les consciences jouant, ont accès à cette espèce de mémoire universelle et ont accès à la télépathie ou d’autres formes de relation. Quel est le besoin de l’écrit ? Quel est le besoin de la preuve ? Quel est le besoin de la signature ? Quel est le besoin des concepts ? Dès l’instant où vous savez qui vous êtes, que vous vous êtes retrouvés, ne couchez pas votre témoignage ‒ ici c’est différent, on en parle ‒, parce que dès que ce témoignage est couché, même de votre vécu authentique, il sera travesti. Vous ne pouvez être sûrs que de ce que vous vivez ; vous ne pouvez être sûrs que ce que vous écrivez ou même ce que vous dites, sera compris, parce qu’il y a des filtres, et au sein de ces filtres, il y a des déviations.

Si vous regardez aujourd’hui sur terre, nombre de frères et de sœurs vivent cet état naturel. Croyez-vous qu’ils ont besoin de raccrocher cela, quand ils le vivent spontanément, à quelque religion, culture ou explication que ce soit ? C’est inexplicable, c’est intraduisible. On ne peut qu’en faire des poèmes, comme l’a fait d’ailleurs Sri Aurobindo par exemple, ou comme je l’ai fait aussi, mais cela ne décrit pas la Vérité ; la Vérité ne peut être que vécue, elle ne peut pas être affirmée. Et vécue seul à seul, ce que vous nommez le face-à-face ultime, au-delà de toute référence, au-delà de toute histoire, la vôtre comme d’autres histoires, dans la nudité, dans ce que vous avez nommé humilité, simplicité, la Voie de l’Enfance qui est la vraie voie, la voie de l’ignorance, ce que vous pourriez nommer, en Occident, la foi inébranlable en la vérité de l’Esprit.

Dans ce que certaines Étoiles vous ont raconté, voilà des années, il a été fait état pour l’Étoile Gemma et l’Étoile Hildegarde, comme pour l’Étoile Ma, des circonstances particulières qui ont été vécues. Rappelez-vous, nul ne peut servir deux maîtres à la fois, et je ne parle pas ici de Dieu ou de Diable, mais vous ne pouvez pas servir un maître, autoproclamé ou historique, et découvrir qui vous êtes, à moins d’avoir un talent d’imitateur extrême. À ce moment-là, l’imitation deviendra vraie. Ça a été le cas pour certains saints occidentaux dont le premier d’entre eux, celui qui s’appelait saint François d’Assise, mais aujourd’hui vous êtes tellement pris dans le Kali Yuga, dans les obligations, dans les responsabilités ‒ qu’il ne faut pourtant pas fuir ‒, qu’effectivement cela pouvait sembler plus difficile, mais c’est au sein de ce Kali Yuga que la Lumière est réapparue de manière consciente à vos yeux, à vos sens, à votre vécu.

Vous ne pouvez pas, autrement dit, nourrir et alimenter ce monde, comme toute histoire en ce monde, même la vôtre, et être libres. Les mots que je vous donne aujourd’hui, dans l’état actuel des choses et de la vie sur la terre, ne peuvent pas échouer non plus. Se mettre à nu veut dire s’exposer, ne rien mettre devant, ni ailleurs. Ainsi est la Vérité. Vous ne pouvez la figer, vous ne pouvez la cloisonner, vous ne pouvez l’insérer dans aucune histoire, sans ça vous la perdez. 

C’est ce que j’ai tenté d’expliquer en l’année 2012, comme surtout dans les dernières années de mon incarnation, mais tous les êtres qui sont passés me voir, tous ceux qui étaient dans des histoires, de maîtres, de religion, ont fui. Seuls ceux qui étaient innocents, seuls ceux qui étaient vrais dans leur personnage, au-delà de tout concept et de toute croyance, ont vécu la même chose que moi. Ils n’ont pas cherché à m’imiter, ils n’ont pas cherché à créer de mouvements, parce que c’est le contact direct avec vous-mêmes, sans fards ni faribole, sans décor, dans la nudité la plus totale, que vous vous retrouvez.

L’obstacle le plus important était l’identification au corps. Quand j’étais incarné, les processus que vous nommez de la Lumière vibrale, ont relâché les liens, vous ont permis de découvrir l’emplacement de l’observateur qui voit l’histoire. Voyant l’histoire que vous vivez, vous saisissez quelque part, de par l’emplacement de l’observateur, que vous n’êtes pas l’acteur. Tant que vous croyez diriger votre vie, c’est l’ego qui vous dirige. Cet ego est utile pour choisir une femme, un mari, une maison, un travail, mais ne mêlez pas la spiritualité ou l’Esprit à ça.  Il n’y a aucune relation possible, puisque cela vous est inconnu ; comme cela a été dit dans le témoignage, soyez prêts pour l’Inconnu et l’imprévisible.

Quand un enfant joue aux indiens et aux cowboys, il joue le rôle, il peut même s’immerger dans le rôle, il s’immerge d’autant plus qu’il y a plaisir et qu’au moment où le jeu s’arrête, il retrouve ce qu’il est, dans son nom, son histoire qui démarre, le modèle parental. La vie en ce monde a souvent été comparée à un rêve. Que cela soit dans les peuples ancestraux comme au niveau de ce que découvre aujourd’hui la science. La matière n’est que du vide ralenti, suffisamment ralenti et comprimé pour apparaître. Je parle de la matière de ce monde. Il existe une infinité de matières, une infinité de jeux, une infinité de mondes, mais vous êtes cette infinité, chacun l’est de la même façon, dans la même entièreté, dans le même esprit.

N’oubliez pas que c’est votre conscience ordinaire, celle de la personne, qui morcelle, qui occulte, qui ne peut en aucune manière connaître l’inconnaissable et l’Inconnu. Vous ne pouvez pas, depuis la personne, découvrir la Vérité. Vous pouvez élucider tous les mécanismes que vous voulez, même au niveau de l’âme, et cela a été fait par nombre d’enseignements, surtout au XXème siècle, mais aucun de ces enseignements ou de ces pseudo-maîtres ne peut vous emmener à la Liberté puisqu’il ne l’a pas vécue. Comme je le disais, les aveugles guident les borgnes, c’est même pire qu’un borgne qui guide des aveugles. Rendez-vous compte. Il faut vous dégager de tout ce fatras, et ça ne se fait pas avec un effort, ça ne se fait pas avec un travail, cela se fait en tournant votre conscience, votre regard, dans le saint des saints, cela a été expliqué de différentes façons par les Anciens. C’est la seule Vérité. Toutes les vérités n’ont été que des histoires approximatives dont la pédagogie a permis de se rapprocher de ce que vous êtes, de relâcher l’identification au corps, de relâcher l’identification à l’histoire, de ce corps, de vos vies, comme de ce monde.

… Silence…

Nous avons encore des témoignages, des questions ?

Question : peut-on dire que l’Accueil, c’est accepter ce qui arrive ou n’arrive pas à la personne, sans intervenir, sauf des soins pour le corps si besoin ? Ainsi, en cette pleine acceptation, laissant traverser simplement sans rien faire ce qui se présente, cela amène un relâchement de la personne, de l’ego, du mental. Ainsi, en finalité, se révèle ce que nous sommes en vérité.

C’est tout à fait exact, dit en d’autres termes, c’est la même chose.

N’oubliez pas que cette notion qui a été amplement développée, sur le principe de la falsification, quelle qu’en ait été la cause elle ne m’intéresse pas puisque toute manifestation de conscience est un jeu ; même ici, y a des jeux plus agréables que d’autres, non ? Quand nous sommes enfants, nous aimons jouer, les filles préfèrent jouer à la marelle ou à la corde à sauter, les garçons préfèrent jouer à autre chose, se mesurer entre eux, jouer à la guerre. Ce sont des jeux. Le seul problème de ce jeu sur ce monde, c’est l’oubli. Il suffit de « retrouver », comme cela a été exprimé, or la meilleure manière de se retrouver, c’est accueillir sans conditions et sans concessions.

Ce principe de l’Accueil n’est pas seulement un concept, c’est aussi une réalité de ce qui se déroule dans la conscience. Si même votre conscience de la personne, éphémère donc, décide d’accueillir, même en face d’un évènement de votre histoire, douloureux ou pénible… accueillir est un état d’esprit, si je peux oser m’exprimer ainsi. Cet état d’esprit, bien sûr, laisse passer aussi bien la conscience de la souffrance ou du déséquilibre, mais au-delà de cet accueil de l’histoire, de la souffrance, comme cela a été dit, l’état d’Accueil permet aussi l’Accueil de la Lumière. Plutôt que de réagir, plutôt que d’expliquer, plutôt que de comprendre, plutôt que de saisir, accueillez. Quand je dis accueillir, c’est pas seulement accueillir les misères de la vie, ou les joies de la vie, c’est la fonction de ce mot accueillir qui vous fait retrouver. Donc ne polarisez pas l’Accueil sur simplement une espèce d’accueil inconditionnel de tout ce que la Vie vous propose.

Si un individu se présente face à vous avec un sabre, et vous dit qu’il va vous tuer, je ne vous ai pas demandé de l’accueillir. Ce qu’il faut accueillir, c’est une attitude qui évite la projection de la conscience. Je ne parle pas uniquement des évènements de votre histoire personnelle, je parle d’accueillir sans savoir ce que vous accueillez, de vous mettre dans cette disposition de cœur. Mais ce n’est pas la peine de prendre un coup de sabre, et d’ailleurs si vous accueillez, il n’y a aucune raison et aucune possibilité que ce genre de situation se produise, parce que dès que vous vous placez dans l’Accueil… je ne vous demande pas d’accueillir votre histoire, elle est déjà accueillie puisque vous la vivez, même si vous la refusez ; si elle se manifeste à votre conscience, c’est qu’effectivement vous l’avez accueillie, même si vous dites que ce n’est pas vrai. Si vous dites que vous n’avez pas accueilli la souffrance, ça veut dire simplement que votre point de vue est celui de l’ego, de la personne. L’Accueil dont je parle n’est pas seulement l’accueil des circonstances de votre vie, c’est l’Accueil au sens le plus large, c’est l’innocence, c’est la spontanéité.

Dans les témoignages que vous avez reçus ou que vous donnez, vous avez le témoignage de celle qui fut nommée la petite Thérèse, et qui pourtant n’a pas eu besoin de rester très longtemps sur terre. Alors on peut toujours se dire que c’était une grande âme ; elle a dit exactement l’inverse, qu’elle était la plus petite, qu’elle était insignifiante. Ne construisez pas de scénarios, ne construisez pas des histoires autour de l’histoire.  Donc accueillir, c’est être disponible pour l’Inconnu, pour l’invisible, c’est laisser venir à vous. Comme le Christ a dit : « Laissez venir à moi les enfants. » L’Accueil tel que je l’ai défini, fait disparaître les mécanismes de projection, les mécanismes de défense, et toutes les histoires.

La réfutation d’il y a plusieurs années peut être utilisée aujourd’hui, mais je dirais que quelque part aujourd’hui, c‘est prendre une voie plus longue. La voie la plus directe est l’Accueil, accueillir l’Inconnu, l’imprévisible.

Vous voyez comme il est très facile de transposer un mot, comme le mot Accueil, et de le faire coller à votre histoire personnelle. Vous n’avez pas à accueillir votre histoire personnelle puisque vous êtes insérés dedans, elle est déjà là. L’Accueil est un état d’ouverture, un état d’esprit, un état de l’énergie si vous préférez, qui vous met dans la meilleure disposition pour retrouver la Vérité, mais ne limitez pas cela à l’accueil de votre histoire. L’Accueil est vaste, il concerne tous les possibles et tous les impossibles. Si vous ne mettez pas de limites ni de restrictions ‒ d’ailleurs c’est impossible puisque cela vous est inconnu ‒, alors vous êtes disponibles pour la Vérité, pour vous retrouver, quelle que soit l’histoire qui est racontée, quelle que soit votre souffrance, quels que soient l’ego ou le Soi.

Donc ne limitez pas cet accueil aux évènements de la vie ordinaire, sans ça vous allez tomber dans l’excès. Cet excès serait lequel ? C’est par exemple, d’avoir une maladie, de ne pas voir les tenants et les aboutissants et de dire « j’accueille ». Ne limitez pas cette notion d’Accueil aux choses désagréables et agréables qui sont connues. La maladie nous est connue de tous, quel que soit l’organe ou la maladie à proprement parler ; c’est la rupture de l’harmonie. L’Accueil dont j’ai parlé hier et dont je parle aujourd’hui est bien plus vaste que cela. Vous pourriez le nommer éventuellement l’ouverture du cœur, mais quand je parle d’ouverture du cœur, y en a qui vont encore le conceptualiser dans leur tête.

Il y a énormément d’expressions avec le mot cœur, ou avec le mot amour. L’Accueil est un état de réceptivité, de Silence, qui vous permet de vous placer au plus proche du saint des saints, au plus proche du moyeu de la roue, de ne plus être soumis à votre histoire ou à l’ensemble des histoires. L’Accueil vous place dans l’instant présent. Il n’a pas besoin de concepts moraux ou religieux. Il n’est pas question de se demander si vous devez accueillir avec le même sourire la maladie, la mort, le mari ou la femme, ou l’enfant. L’Accueil dont je parle est bien plus vaste. Il déborde largement le cadre de votre histoire et le cadre de ce que vous avez à vivre en ce monde.

Cet Accueil-là est similaire au fait de dire : « Je remets mon Esprit entre tes mains », mais dans le mental occidental, au-delà de l’aspect de l’histoire du Christ, cela peut vous renvoyer encore à un acte de volonté alors qu’il ne s’agit pas de volonté mais de sacrifice librement consenti. Mais le mot « sacrifice », risquerait de vous renvoyer, dans l’état actuel de toutes les langues de la planète, au fait de vouloir vous sacrifier. Mais le sacrifice n’est pas l’acte de se sacrifier, c’est un acte de voir clair et de voir vrai. Le sacrifice ne se fait pas depuis la personne, tout au plus peut-il se faire au niveau de l’âme. Rappelez-vous, l’Accueil est plus neutre, est plus vaste. Vous accueillez ce que vous êtes et non pas ce que vous manifestez, et non pas une nouvelle histoire.

L’Accueil est vaste. Il crée de la légèreté, il crée de l’innocence, c’est la Voie de l’Enfance, la petite Thérèse vous en a parlé longuement. Sa vie en a été l’illustration.

Avons-nous des questions ?

Question : Osho nous a demandé de devenir fainéants. Je n’ai pas eu à faire d’efforts pour le devenir un peu plus, OMA et vous avez détruit une bonne partie de mon mental. Maintenant, vous nous demandez de nous servir de ce mental pour définir le mot Accueil. Je m’en sens incapable, vu ma fainéantise et mon peu de mental…

Mais je vous ai jamais demandé et je n’ai jamais défini l’Accueil, c’est la question précédente ou témoignage précédent. Retenez non pas une définition de l’Accueil, j’ai dit que c’était vaste, l’Accueil est un mouvement avant tout, qui ramène ici, au Cœur du Cœur ou au saint des saints. Y a rien à comprendre. Accueillir nécessite justement d’être fainéant. Fainéants au niveau des réactions, fainéants au niveau des discours, et d’ailleurs, je dirais que vous ne pouvez accueillir la Vérité que si vous êtes fainéants ‒ j’ai bien dit qu’il n’y a pas d’effort, pas de travail ‒ parce qu’être fainéant relâche aussi les liens, avec l’histoire, avec l’idée d’être une personne, être fainéant évite de recréer des histoires, des scénarios. Il en est de même par exemple quand les Anciens ou les peuples de la nature vous ont invités à les rencontrer. Ce n’est pas pour broder des histoires, avec des lieux, des historiques, c’est pour vivre la relation. C’est pas pour raconter des histoires.

Donc l’Accueil, je me fous des définitions, et vous aussi vous devez vous en foutre. C’est un mouvement qui n’est plus de l’intérieur vers l’extérieur mais ce que l’on pourrait nommer de l’extérieur vers l’intérieur. Il n’y a pas besoin de le comprendre, ça, y a deux axes. C’est pas un concept, c’est un vécu.

Alors après, de demander s’il faut accueillir la souffrance ou celui qui vient vous donner un coup de sabre, ça c’est de la dialectique mentale. Quand je parle d’Accueil, même si j’en prends des exemples, c’est un mouvement où vous allez vous retourner, vous retrouver. Ne préjugez pas de ce qu’il faut accueillir ou pas accueillir, placez-vous dans l’Accueil. Vous n’avez pas besoin de compréhension, d’étiquettes ou de mots. Quand je vous dis de vous mettre debout, vous allez pas me dire qu’il faut d’abord que vous mettiez en mouvement tel muscle, tel autre muscle pour vous mettre debout, vous le faites. Il n’y a rien de compliqué. Si le mot Accueil vous semble compliqué, ce n’est pas moi qui le complique. J’ai bien parlé d’un Accueil total dans la notion de quelque chose qui est vaste ; ne cherchez pas à le spécifier en fonction d’une circonstance, d’une explication ou d’un vécu.

L’Accueil est votre état naturel, c’est pour ça que vous vous retrouvez, avec l’Accueil, de même que vous avez relâché les liens avec l’acteur par l’emplacement de l’observateur et du témoin. Il est beaucoup plus facile d’accueillir en étant spectateur qu’en étant acteur. L’acteur est dans l’action, dans le jeu, le spectateur regarde le jeu. Le spectateur est donc passif, même s’il applaudit à la fin. Il écoute, il regarde, mais il ne viendrait jamais à l’esprit d’un spectateur de se mettre sur la scène pour gêner ou changer le jeu des acteurs. Le spectateur, l’observateur met un éclairage, une clarté sur ce que vous n’êtes pas, c’est à dire l’acteur. L’Accueil met un éclairage, une clarté, sur l’innocence et l’Enfance. Et accueillir, c’est devenir extrêmement fainéant, bien plus que la fainéantise que vous parlait Osho. Je dirais que la fainéantise est préalable à l’Accueil, car vous ne pouvez pas accueillir en étant acteur, vous ne pouvez pas accueillir en pensant à ce que vous allez accueillir ou pas.

L’Accueil est un état qui vous permet de dépasser tous les états. Vous voyez donc que par rapport à la réfutation, il y a une forme d’octave en plus. La fainéantise prépare l’Accueil, et dès que vous êtes spectateurs, vous devenez fainéants déjà, puisque vous n’êtes plus dupes de l’acteur, vous savez qu’il joue, que cela vous plaise ou pas. Eh bien pour l’Accueil, c’est exactement la même chose. Il y a une dynamique dans tous les termes qui ont été employés par les uns et les autres. Il y a, et le Commandeur y a tenu avec intensité, si je peux dire, il y a une pédagogie, une pédagogie qui n’est pas une connaissance à apprendre mais une pédagogie qui est à vivre.

Il en a été de même pour les différents yogas qui vous ont été donnés, vous donnant à percevoir l’énergie, la vibration, c’était une pédagogie. Pourquoi nous n’avons pas ou je n’ai pas employé les mots d’aujourd’hui il y a quelques années ? C’est de la pédagogie. Pourquoi j’essaie de sortir, même si je vous donne de temps en temps quelques mots se référant à ma tradition d’origine, ou à vos mots que vous connaissez, à vous, au sein de cette pédagogie ? J’ai essayé d’être et je serai le plus neutre possible. Ne cherchez pas à spécifier la définition de l’Accueil, soyez l’Accueil, vivez-le. Ne cherchez pas à comprendre ou à saisir avant de vivre. Ça, c’est l’erreur que nous faisons tous, nous avons besoin de comprendre, d’élucider avant d’accepter de vivre.

Est-ce que vous avez compris la mort ? Tant que vous ne l’avez pas vécue, vous ne savez pas ce qu’est la mort, même si vous perdez un proche. L’expérience est irremplaçable et l’expérience se fout des concepts et des mots que vous allez mettre ensuite. Ils sont tributaires de vos connaissances antérieures, ils sont tributaires de votre culture, mais ils n’ont plus la même valeur, et pourtant c’est les mêmes mots, parce que le langage, le mot, devient le Verbe.

D’ailleurs, dans les questions personnelles de mes visiteurs quand j’étais incarné, comme cela a été retranscrit, beaucoup se sont aperçus que je pouvais apporter deux réponses diamétralement différentes selon l’interlocuteur qui était en face de moi. Est-ce que ça veut dire qu’une fois sur deux j’ai menti ou est-ce que les deux fois j’ai menti ? Non. J’ai employé les mots qui individuellement pouvaient faire résonner et ouvrir, retrouver. Pour l’un c’était un mot, et pour l’autre c’était un mot qui était à l’opposé, mais y a pas d’erreur. Là j’essaie de répondre de façon, et je vous l’ai dit, anonyme. Il n’en sera pas de même après, pour mes dernières interventions. Là, vous serez obligés de parler vous-mêmes, et vous verrez que là aussi, il n’y a pas de réponse toute faite, de la même façon que certains êtres vous font prononcer votre prénom, il n’y a pas de réponse universelle.

Donc pour ce qui concerne l’Accueil, ne restreignez pas cela à une action, à un concept, à une idée, à une définition, placez-vous dans l’Accueil, même si vous ne savez pas ce que ça veut dire. Vous n’avez pas besoin de le savoir avant de le vivre, parce que dès que vous mettez l’intellect devant, la compréhension, l’explication, vous n’êtes pas disponibles pour vivre ce qui est à vivre. Servez-vous des mots mais après, pas avant. Le résultat est profondément différent, parce que si vous vous servez de l’intellect, des mots, des concepts, avant, vous ne vivrez jamais ce qui est à vivre. Par contre, si vous acceptez de vivre ce qui est à vivre, vous n’avez pas besoin de le comprendre. C’est le fait de vouloir comprendre qui fige et qui bloque l’accès à vos retrouvailles.

Le propre du mental, comme de l’ego, c’est de vouloir saisir. Vous ne pouvez pas saisir l’Esprit, ni l’Amour que vous êtes, il est déjà là. Il est déjà saisi, si je peux dire, par votre histoire. Vous ne pouvez que le vivre. Aucune explication ne peut rendre compte du vécu. Aucun mot ne peut réellement coller et décrire la vérité de ce qui est vécu, parce que dès que le mot est prononcé ou écrit, il y a travestissement. Parce que le mot écrit est une projection, parce que les mots prononcés sont aussi une projection, sauf si les mots prononcés se font depuis le Verbe.

Donc ne vous posez pas la question de comment accueillir. Vous croyez que pour être fainéant, il faut le comprendre ? C’est l’ego qui s’interpose devant et qui veut se saisir des concepts, des mots.  La conscience n’a pas besoin de se saisir, n’a pas besoin de comprendre. Évoquez « J’accueille » et vous accueillerez. Ne cherchez pas à savoir ce qu’il faut accueillir ou comment ça va se passer, parce que vous n’êtes pas dans l’instant, vous êtes déjà décalés.

Avançons.

Fin du témoignage : puisque j’en ai la liberté, je choisis mon camp et j’abandonne celui du libre-arbitre pour celui de la Lumière, et comme je suis Lumière, tout va bien. Merci Bidi.

Mais tout ne peut qu’aller bien, en définitive, indépendamment des circonstances et de conjonctures de ce monde en fin de Kali Yuga. Étant éternels, étant la Vérité et la Vie, comment voulez-vous imaginer ou avoir peur de disparaître ? C’est l’ego qui disparaît, l’histoire, quand vous mourez, mais pas vous, vous n’êtes jamais nés. N’étant jamais nés, vous ne mourez jamais, ce qui meurt c’est l’illusion de ce corps. Et d’ailleurs, vous savez très bien qu’il existe de plus en plus de témoignages, du fait de la conjoncture actuelle, de l’amélioration de la médecine, que tous les êtres qui se voient hors de leur corps, de manière accidentelle, quand ils regagnent leur corps, le seul enfer, c’est dans ce corps, la seule lourdeur, c’est dans ce monde. Vous ne pouvez jamais disparaître, vous disparaissez de l’Illusion, mais ce que vous êtes ne disparaît jamais. Vous n’êtes jamais nés, vous jouez.

L’Accueil, la fainéantise, ont pour corollaire l’allègement, la véritable insouciance, quel que soit le poids de votre histoire et de vos engagements. Découvrant la Vérité, vous ne pouvez plus être soumis à votre histoire, à vos affects, à vos souffrances.
Alors il est temps de « pauser », je vous dis à tout de suite.

Source: http://www.lestransformations.wordpress.com

Partagé par: http://www.etresenevolution.com